L’enseigne britannique Lush a lancé, lundi 27 janvier, hier la campagne Sign Of Love, et s’engage, en partenariat avec l’organisation All Out, contre les discriminations et les violences envers les personnes LGBT en Russie. «Nous croyons en l’amour, pour tout le monde, indique la marque sur Facebook. Il est notre droit fondamental, il ne devrait jamais être interdit. Il y a beaucoup d’athlètes lesbiennes ou gays parmi ceux qui voyagent à Sotchi, en Russie en février, pour participer aux Jeux olympiques d’hiver de 2014, mais il y a en Russie des lois qui considèrent leur amour comme une « propagande » encourageant une culture qui menace leur vie et celle des gens qui soutiennent l’égalité et la communauté LGBTQ.»

PÉTITION ET FLASH-MOB
Dans la quarantaine de magasins Lush en France, les clients pourront peindre sur leur corps un triangle rose et se prendre en photo. Chacun.e peut aussi participer en postant sa photo sur Facebook, Twitter et Pinterest avec le hashtag #SignofLove. Rassemblées sous la forme d’un album-pétition, les photos seront remises à l’ambassade russe. «Cette action prend en compte deux choses: la Saint-Valentin et l’idée de promouvoir l’amour pour tous, et les Jeux olympiques de Sotchi», explique à Yagg Anne-Laure Sarotte du service presse de Lush France. L’opération Sign Of Love se terminera symboliquement le 14 février par la remise de la pétition, mais aussi par une flash-mob place Georges-Pompidou (devant le Centre du même nom) à Paris. À Londres, c’est un carnaval LGBTQ que Lush tiendra devant l’ambassade de Russie. Lush France prévoit aussi une journée Sign Of Love le 8 février en présence de plusieurs associations et clubs sportifs.

LUSH, UNE MARQUE ENGAGÉE
Sur la page de présentations de ses campagnes, l’entreprise de cosmétiques rappelle que les causes pour lesquelles elle s’est engagée ont toujours été celles qui lui tenaient à cœur et pas nécessairement les plus évidentes: «Plutôt que d’aligner des groupes de grands noms et de choisir des sujets déjà bien soutenus, nous avons choisi les questions et les groupes qui nous intéressaient, mais nous savions qu’il serait difficile d’obtenir du soutien ailleurs. Nous avons fait campagne contre le projet de loi incompréhensible dans l’Union européenne qui a appelé à l’expérimentation animale massive et y avons répondu en déversant du fumier devant le Parlement européen à Strasbourg. Nous nous sommes battus pour défendre la primauté du droit pour les personnes à Guantanamo bien avant qu’Obama ne s’engage à fermer ce camp. Nous avons défendu les requins, qui ont été vilipendés depuis Les dents de la mer sur les écrans dans les années 70, en montrant des gens suspendus par des crochets dans nos vitrines.»

Plusieurs militant.e.s apprécient en tout cas l’initiative, dont le britannique Peter Tatchell qui, cité par The Independent, a salué la prise de position de l’enseigne face au «silence et à l’inaction des sponsors des Jeux olympiques d’hiver comme Coca Cola, McDonald’s et Visa»: «Ils ont montré une grande lâcheté en refusant de faire une déclaration publique sur les lois anti-gay en Russie et sur l’escalade de la violence homophobe.»

LA POLITIQUE SOLUBLE DANS LE SAVON
Et à celles et ceux qui se demandent pourquoi l’enseigne ne se cantonne pas à vendre ses savonnettes (les mêmes qui se demandent pourquoi des athlètes devraient avoir un avis sur les droits humains), Lush a une réponse toute trouvée:

«Nous savons que tout le monde ne veut pas de « politique dans sa salle de bain », mais nous nous sentons privilégiés d’être dans une position où nous avons les ressources nécessaires pour aider ceux qui travaillent avec acharnement et dévouement pour l’égalité, la paix et la justice pour tous.»

Reste à savoir si les 63 enseignes russes de Lush pourront et voudront mettre en place l’opération Sign Of Love auprès de leur clientèle avec le risque de tomber sous le coup de la loi contre la promotion des relations sexuelles non traditionnelles auprès des mineur.e.s. Lancée hier sur Facebook en France, la campagne suscite déjà le débat.

Photo Lush