Lors d’une conférence de presse téléphonique ce lundi 27 janvier, le président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach a répété que des sanctions pourraient être prises à l’encontre des athlètes qui feraient des déclarations politiques. Cette fois-ci, il a toutefois précisé que ne seraient sanctionnées que les déclarations faites au cours des épreuves:

«Il est très clair que les Jeux ne peuvent être utilisés comme un tremplin pour des manifestations politiques, aussi juste soit la cause. Le CIO prendra, si nécessaire, des décisions individuelles pour des cas individuels. Il est par ailleurs clair que les athlètes bénéficient de la liberté d’expression pendant les conférences de presse et qu’il est possible d’y faire des déclarations politiques si on le souhaite.»

Lorsque des journalistes lui ont demandé si c’était une façon pour lui d’encourager les prises de parole pendant les conférences de presse plutôt que sur les podiums, il a répondu: «Si vous parvenez à cette conclusion, je ne vous contredirai pas», rapporte Reuters. Selon Le Matin, Thomas Bach reste cependant persuadé que les médias se concentreront bientôt sur le sport et délaisseront les questions politiques: «Quand les athlètes seront à Sotchi, il deviendra de plus en plus clair chaque jour que les Jeux olympiques sont avant tout du sport et des sportifs. Je pense que cela deviendra évident pour tout le monde lors de la cérémonie d’ouverture et surtout quand les compétitions vont démarrer. Avant les Jeux, il y a toujours des discussions politiques, nous avons des problèmes mais les gens à travers le monde savent que c’est avant tout du sport. C’est pourquoi, je suis sûr qu’il y aura une bonne ambiance.»

La championne de tennis Martina Navratilova est d’une toute autre opinion: ainsi qu’elle l’a expliqué au Melbourne Herald Sun, il sera «impossible» pour les athlètes de trancher entre sport et politique tant les deux domaines seront liés à Sotchi. Interviewé par la BBC, le maire de Sotchi, Anatoly Pakhomov, semble lui aussi pratiquer la politique de l’autruche. Il a en effet affirmé qu’il n’y a pas d’homo dans la commune. La veille de l’entretien, les journalistes de la chaîne britannique avaient toutefois pris soin de s’aventurer dans une discothèque gay. Si les client.e.s ont préféré être discrèt.e.s et ne pas s’afficher devant la caméra, il n’en demeure pas moins que les LGBT de Sotchi existent, comme l’a confirmé Boris Nemtsov, un libéral de l’opposition municipale.

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