«Stop aux homos» et «Non aux pédés» ont été tagués sur la porte du domicile de Claver Touré, président de l’association Alternative-Côte d’Ivoire, qui défend les droits humains et notamment ceux des personnes LGBT. Des habitant.e.s de la localité de Cocody, près d’Abidjan, ont déposé lundi 20 janvier des ordures à l’entrée de sa résidence et ont protesté devant le bâtiment pendant près de 90 minutes, l’empêchant de sortir jusqu’à ce que la police intervienne.

Interviewé par Deutsche Welle, Claver Touré parle d’un «incident isolé» dans un pays plus tolérant que d’autres sur le continent africain. À en croire les habitant.e.s à l’origine de l’attaque, il ne faut pas voir derrière ces gestes la moindre homophobie. Juste le désir de «protéger» les plus jeunes. «Nos enfants nous rapportaient régulièrement qu’ils voyaient des hommes s’embrasser et des matins de bonheur, nous découvrions des préservatifs aux abords de la résidence de ces personnes», a assuré une habitante du quartier citée par l’Agence de presse africaine (APA).

«Des histoires à dormir debout, rétorque Claver Touré. Ils sont venus nous prendre en otage, nous séquestrer et ils ont jeté un tas d’immondices et d’ordures devant nos portes. On a été agressés et séquestrés pendant une heure et 25 minutes. C’est le commissariat du XXIIe arrondissement et la gendarmerie qui sont venus nous exfiltrer.»

Le 22 janvier, de nouvelles attaques ont eu lieu contre le siège d’Alternative-Côte d’Ivoire où les militant.e.s des droits LGBT avaient un temps trouvé refuge, rapporte 76 Crimes. Les activistes ont dû se réfugier dans la clandestinité. L’ONG Front Line Defenders en a appelé au gouvernement ivoirien pour assurer la sécurité des militant.e.s, à leur domicile comme dans les bureaux de leur association.

Photo Alternative-Côte d’Ivoire