En Afrique, mais également dans les Antilles, des personnes influentes s’attachent à faire circuler l’idée que l’homosexualité serait un mal importé de l’occident. Rien n’est pourtant moins vrai. Écrivain ougandais, Noé M. a publié une tribune sur Rue89 dans laquelle il tord le cou à cette idée reçue. Il réaffirme notamment que l’homosexualité a toujours existé, dans toutes les aires géographiques où ont vécu des communautés humaines. Un point de vue que complète Helen McDonald, une étudiante âgée d’une vingtaine d’années qui rappelle sur Autostraddle qu’au XIXe siècle, il était courant de voir des couples homosexuels dans les familles royales africaines.

Si l’Ouganda ou le Nigeria sont aujourd’hui très sévères dans leurs législations homophobes, il ne faut pas perdre de vue que ces pays ont été colonisés par le Royaume-Uni, rappelle Helen. C’est cette puissance européenne et «civilisée» qui a introduit dans ses colonies la répression légale de l’homosexualité. Forcément, ça laisse des traces, car si le colon est parti, il a laissé derrière lui des lois attentatoires aux libertés fondamentales de chacun.e.

gwladys pallas 665Pire, l’homosexualité est même perçue par certain.e.s comme un phénomène qui n’apparaît que chez les personnes blanches, comme l’explique la guadeloupéenne Gwladys Pallas (photo ci-contre), présidente de Total Respect sur Afrik.com.

«Le problème aux Antilles, c’est que tout ce qui touche à l’homosexualité est renvoyé aux blancs. Les gens vous disent que l’homosexualité a été emmenée par les blancs et que les noirs n’ont pas été éduqués comme cela.»

Aujourd’hui encore, le colonialisme se poursuit sous d’autres formes, notamment religieuses. Sous l’influence «d’évangélistes» américain.e.s, les foules en Afrique et aux Antilles estiment qu’il est légitime d’exercer des mesures violentes à l’encontre de personnes LGBT. Les enjeux de politique locale, et des nationalistes ravi.e.s de trouver là un prétexte pour mieux fédérer les masses, font des homos et des trans’ les dindons de la farce.

Avec un ton parfois condescendant, des habitant.e.s des pays occidentaux jugent que les États réprimant l’homosexualité sont barbares et sauvages. Mais c’est oublier la part de responsabilité qu’a l’Occident dans cette évolution. À lire sur Rue 89Afrik.com et Autostraddle (en anglais).

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