C’est dans les locaux de son association, Azerbaijan Free LGBT, qu’Isa Sahmarli s’est donné la mort hier, mercredi 23 janvier, à Baku. Âgé de 20 ans, il a laissé un message sur son profil Facebook, rapporte l’AFP:

«Je vous quitte. Que Dieu vous garde. Ce pays et ce monde ne sont pas faits pour moi. Je vais être heureux désormais. Dites à ma mère que je l’aimais beaucoup. C’est à cause de vous que je meurs. Ce monde n’est pas assez fort pour supporter mes couleurs. Adieu.»

D’autres militant.e.s l’ont trouvé pendu avec un drapeau arc-en-ciel et ont tenté de le ranimer, en vain. Isa Sahmarli a été enterré aujourd’hui, en présence de proches.

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La cérémonie a toutefois été perturbée par des jets de pierre à l’encontre des participant.e.s aux funérailles, rapporte Queer.de. La caméra d’une équipe de télévision azerbaïdjanaise a été endommagée à cette occasion.

Cité par l’AFP, un ami d’Isa Sahmarli confie que ce sont les mauvaises relations entre l’activiste et sa famille qui ont poussé celui-ci à se donner la mort. Dans une interview accordée l’an dernier, le président d’Azerbaijan Free LGBT confiait justement à quel point le rejet familial pouvait avoir une incidence sur la vie des jeunes LGBT. Il s’était jusque là dit heureux d’avoir pris son indépendance et d’avoir trouvé du travail dans un pays où l’homophobie est très répandue. «J’espère que je verrai un jour des drapeaux LGBT dans le ciel de Baku, avait-il indiqué selon l’association turque Kaos GL. Mais ce que je veux vraiment voir, c’est un couple d’homos marchant librement dans Baku.»

Selon un militant de la capitale azerbaïdjanaise, il s’agit du deuxième suicide dans la communauté LGBT locale cette semaine.

 

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