Avec d’autres militant.e.s rencontré.e.s à la faveur de la «Manif pour tous», Madeleine Bazin de Jessey a fondé Sens Commun, un parti proche de l’UMP dans lequel elle s’efforce de lutter contre… la politique gouvernementale, en gros. Aucune revendication claire n’émerge, le but recherché étant avant tout de surfer sur la vague: «Nous avions vu naître un sursaut civique et avions pris conscience d’une force de frappe. Il fallait trouver un moyen de ne pas laisser retomber cet élan. Beaucoup étaient prêts à aller plus loin», explique-t-elle.

Âgée de 24 ans et étudiante en lettres à l’ENS, elle a rejoint les rangs des «Veilleurs» avant de décréter qu’il fallait «mettre les mains dans le cambouis». Pour Pascal Ollive, pasteur nîmois et membre des «Poissons roses», le mouvement qui exprime la sensibilité chrétienne du Parti socialiste, la question est: «Quel modèle de société pour demain?». Entre les différents partis ou organisations existantes, le choix est vaste et l’enjeu de ce courant est avant tout de trouver une ligne d’unité. «La « Manif pour tous » a décomplexé les cathos, mais peut-être un peu trop», concède Paul Coltrat qui a fondé son propre mouvement visant à donner aux jeunes des «arguments rationnels et universalisables». «Pour le moment, certains en restent à la réaction explique-t-il. Il faut qu’ils travaillent sur ce qu’est être chrétien pour ensuite apporter leur contribution au nom de leur foi. Autrement dit, ils doivent être capables de dire à quoi ils tiennent, pourquoi ils y tiennent et de l’expliquer à d’autres.» À lire sur La Croix.