Contre le virus de l’hépatite C, on est passé en peu de temps d’un traitement long, difficile à supporter et pas toujours efficace, à des combinaisons de médicaments présentant une très grande efficacité et avec beaucoup moins d’effets secondaires.

UNE RÉVOLUTION THÉRAPEUTIQUE
Comparaison n’est pas raison, mais on assiste dans l’hépatite C à une révolution thérapeutique telle qu’elle a existé dans le cadre de l’épidémie de sida en 1996 avec l’arrivée des premières trithérapies. Longtemps, les patient.e.s atteint.e.s de l’hépatite C et celles et ceux qui étaient coinfecté.e.s avec le VIH (environ 16% de ces dernièr.e.s) devaient prendre de l’interféron, associé à la ribavirine. Désormais, la gamme s’est étendue et les médicaments sont beaucoup plus efficaces. Lundi 20 janvier, l’un des laboratoires qui produit une de ces molécules révolutionnaires, Gilead, a annoncé que la Commission européenne venait d’autoriser la mise sur le marché de Sovaldi (comprimés à 400 mg). Ce médicament est administré par voie orale en une prise par jour, en association avec d’autres médicaments antiviraux (ribavirine (RBV) et interféron pégylé alpha (peg-IFN).

L’ÉRADICATION EST À PORTÉE DE MAIN
L’utilisation du Sovaldi a été étudiée pour les génotypes (les types de virus) de 1 à 6. L’efficacité du sofosbuvir a été établie pour les patient.e.s atteint.e.s par le virus de l’Hépatite C (VHC) de génotype 1 (chez les patients naïfs de traitement uniquement), 2, 3 et 4, y compris les patient.e;s en attente d’une greffe hépatique ainsi que ceux et celles atteint.e.s d’une co-infection VHC/VIH-1. Pour les spécialistes de cette maladie, l’hépatite C peut être guérie. C’est à dire que l’éradication du virus est possible et avec les médicaments de type Sovaldi, elle est même à portée de main pour une grande partie des malades, y compris des co-infecté.e.s par le VIH.

UN PRIX EXORBITANT
Reste à connaître le prix qui sera fixé pour ce traitement hautement efficace. En novembre 2013, Renaud Persiaux sur Seronet s’inquiétait du coût du traitement dans le cadre de l’accès compassionnel: autour de 56000 euros pour 12 semaines de traitement. Soit plus de 660 euros le comprimé! Un niveau très élevé et qui fait craindre des restrictions dans l’accès à ce traitement, même dans les pays riches. Dans un communiqué commun, plusieurs associations dont Médecins du monde et Act Up-Paris s’inquiétaient elles aussi de l’accès à ce traitement au Sud. Elles réclamaient notamment que les laboratoires ne restreignent pas l’accès aux génériques de ces médicaments, qui permettraient de réduire très fortement les coûts du traitement. Une nécessité selon elles pour les 185 millions de personnes infectées dans le monde.

Parmi les Hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes, la prévalence de la co-infection VIH-VHC est de 6,4% (chiffres enquête ANRS-Vespa2 2011). Selon le Plan national de lutte contre le VIH/sida (PDF) de 2010, l’hépatite C (VHC) dont la transmission est possible par rapport traumatique ou en période menstruelle serait plus élevée chez les Femmes ayant des rapports sexuels avec des femmes que chez celles n’ayant jamais eu de rapports homosexuels.

Pour lever le doute, le premier geste est bien entendu de se faire dépister. On estime qu’en France, un tiers des 370000 malades ne connaissent pas leur statut. Les Centres de dépistage anonyme et gratuit et les laboratoire privés peuvent effectuer les tests.