«La raison principale de cette publication est de promouvoir l’amour, promouvoir l’amour et le droit d’aimer», affirme Rasel Ahmed, le rédacteur en chef du tout premier magazine LGBTI au Bangladesh. Son nom? Roopbaan, un hommage à un personnage de la culture populaire bangladaise. Lancé samedi dernier, le magazine de 56 pages fonctionnera grâce aux contributions des bénévoles et paraîtra tous les trois mois. «Nous espérons que cela améliorera la connaissance qu’on peut avoir de cette communauté et apportera une plus grande tolérance pour les gays et les lesbiennes» a déclaré Rasel Ahmed.

STIGMATISATION ET TABOU
La communauté LGBTI du Bangladesh souffre de son invisibilisation dans la société: «Il y a une loi coloniale britannique, l’article 377 du Code pénal, qui interdit les relations sexuelles entre personnes du même sexe, affirmant qu’elles sont “contre l’ordre naturel”, explique l’activiste Tanvir Alam sur son blog. La loi a été abrogée au Royaume-Uni; bien qu’elle ne soit pas appliquée, elle existe toujours au Bangladesh, et il est difficile de s’exprimer publiquement en faveur des droits humains des LGBT à cause de cette loi. […] Il y a une culture de refus collectif de l’existence de la communauté de l’homosexualité au Bangladesh – un fait imputable au conservatisme social. Stigmatisation et tabou ont fait de la communauté gay, en particulier, une communauté vulnérable. Incapable d’affronter le conditionnement social, ils essaient de redéfinir une sorte de cohérence.»

L’écrivaine féministe Taslima Nasreen a salué la création du magazine:

Malgré un lancement prometteur, plusieurs personnes auraient fait remarqué un manque de représentation des femmes lesbiennes, bisexuelles et trans’ sur ce projet.

UNE RECONNAISSANCE DES HIJRAS
La naissance de Roopbaan n’est pas la seule avancée significative concernant les LGBTI du Bangladesh. En novembre dernier, le gouvernement a décidé de faire un pas vers la reconnaissance d’un statut pour les hijras. Dans la culture indienne, ces personnes sont considérées comme appartenant à un troisième genre, ni féminin, ni masculin. Un « J » figurera donc désormais sur leurs papiers d’identité. Selon une étude, environ 10 000 hijras vivent au Bangladesh.