Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho l’a emporté de justesse ce vendredi 17 janvier avec l’adoption par 103 député.e.s de l’Assemblée de la République d’un projet de référendum sur l’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe. Le chef du gouvernement a été soutenu par son propre camp, le Parti social démocrate classé au centre droit, mais a dû faire face à la défection de 24 parlementaires du Parti populaire, considéré comme conservateur et membre de la coalition gouvernementale, ainsi qu’à l’opposition de 92 socialistes.

«HONTE! HONTE!»
La gauche, qui avait initié une proposition de loi permettant d’adopter les enfants de son/sa conjoint.e, a estimé qu’il s’agissait là d’un «écran de fumée» et d’une «manœuvre dilatoire» du gouvernement pour barrer la route à l’égalité des droits, rapporte L’Essentiel. Présent.e.s dans les galeries de l’Assemblée, des militant.e.s des droits des LGBT ont crié «Honte! Honte!» après l’adoption du projet de référendum, qui soumet donc l’ouverture de nouveaux droits au bon vouloir de la majorité.

Le Parti populaire a d’ores et déjà indiqué qu’il ne votera pas le budget nécessaire à l’organisation d’un référendum sur cette question. Et au sein du Parti social démocrate, la question fait également débat: une discipline de vote a dû être appliquée dans le groupe parlementaire et la vice-présidente de celui-ci, Teresa Leal Coelho, a démissionné pour ne plus occuper cette fonction. La Cour constitutionnelle et le président de la République doivent valider ce projet de référendum avant qu’il puisse avoir lieu.

Le Portugal a ouvert le mariage aux couples homosexuels en 2010, mais l’adoption n’est autorisée que pour les couples hétérosexuels ou à titre individuel.

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