Plus d’une soixantaine de couples gays israéliens sont bloqués avec leurs nouveaux-nés à Bangkok après avoir fait appel à des mères porteuses thaïlandaises. Ils ont pourtant rempli les conditions exigées par Israël dans le cas d’une GPA pratiquée à l’étranger, mais le ministère de l’Intérieur a décidé de ne plus délivrer de passeports aux bébés.

Il y a un an l’Inde, où de nombreux couples israéliens – homos et hétéros – ont fait appel à des mère porteuses, a interdit l’accès à la GPA aux couples qui ne satisfont pas aux nouveaux critères: être un couple composé d’un homme et d’une femme marié depuis plus de deux ans. Beaucoup de couples ont alors commencé le processus de GPA en Thaïlande où la pratique n’est pas interdite.

MODIFICATIONS DES RÈGLES
En décembre, une recommandation israélienne déconseillait de partir en Thaïlande en vue d’une GPA car «une loi serait en préparation pour mieux encadrer la GPA dans ce pays». Dès lors, Israël a cessé de délivrer des passeports aux bébés de pères israéliens, et ce car le nom de la mère porteuse figure sur l’acte de naissance thaïlandais. En effet, l’enfant est considéré comme thaïlandais car sa mère est thaïlandaise. Jusqu’à présent, la délivrance du passeport dans un tel cas était conditionnée à une déclaration de la mère porteuse devant le consul israélien dans laquelle elle renonçait à ses droits sur l’enfant. Une telle déclaration n’est désormais plus suffisante.

Cette situation est jugée incompréhensible et très mal vécue par la soixantaine de couples israéliens bloqués et les dizaines de couples supplémentaires qui attendent leurs bébés dans les prochaines semaines. Ils affirment que tous les étrangers qui ont fait appel à la GPA en Thaïlande sortent du pays sans aucun problème de la part des autorités locales.

Il y aurait actuellement en Thaïlande plus de 130 bébés en attente d’un passeport israélien.

Les autorités israéliennes, qui affirment que le sujet fait l’objet de discussions avec le gouvernement thaïlandais, se rejettent mutuellement la responsabilité. C’est autour du ministère de l’Intérieur que les efforts se concentrent pour débloquer la situation.

SOUTIEN POPULAIRE ET PEOPLE
En effet, les couples bloqués en Thaïlande et leurs familles en Israël ont réussi ces derniers jours à solliciter l’opinion publique favorable par de nombreux articles et reportages dans les médias israéliens. Des manifestations à Tel-Aviv ont déjà été organisées et cette semaine, trois sit-in sont organisés devant la demeure de Gideon Saar, ministre de l’Intérieur, sous le slogan «Gideon, ton bébé est à la maison, le nôtre ne l’est pas», en référence au nouveau-né du ministre lui-même.

La bataille est très active sur les réseaux sociaux. Les couples bloqués ont ouvert une page intitulée «Aidez-nous à rentrer chez nous avec nos enfants» qui a reçu plus de 17000 «j’aime» en quelques jours.

De nombreuses célébrités israéliennes se sont jointes au combat en postant sur les réseaux sociaux leur photo avec cette note: «Moi aussi, je veux voir les bébés rentrer chez eux en Israël». Chaque célébrité inscrit le nom d’un bébé bloqué sur sa note.

Aujourd’hui c’est au tour du célèbre mannequin Bar Refaeli (ex-compagne de Leonardo Di Caprio et présentatrice de X Factor Israël) d’apporter son soutien avec des milliers de likes en moins de 24 heures.

Pour rappel, le buzz médiatique a déjà poussé les autorités israéliennes à intervenir en faveur d’un couple bloqué en Inde après qu’un juge ultraorthodoxe n’a pas voulu accorder le test ADN à ce couple, contrairement aux indications des autorités. Suite à la pression, le Premier ministre Benyamin Netanyahu est intervenu pour débloquer la situation. On espère que cela sera le cas avec les bébés GPA nés en Thaïlande.

Eran Guterman

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