Dans une résolution votée jeudi 16 janvier par le Parlement européen, les élu.e.s expriment de sévères critiques à l’encontre de l’Ouganda, du Nigeria et de la Russie pour avoir adopté des mesures législatives qui mettent en péril les droits fondamentaux des personnes LGBT.

La répression des personnes homosexuelles s’est aggravée au Nigeria où des personnes homosexuelles auraient été arrêtées et torturées pour en dénoncer d’autres selon le quotidien britannique The Telegraph. Contactée par Yagg, Dorothy Aken’Ova de la Coalition pour la défense des droits sexuels au Nigeria (Increse) n’a pas été en mesure de confirmer cette information mais assure qu’elle et les militant.e.s de son organisation sont en sécurité. Le Parlement ougandais a de son côté adopté une loi anti-homosexualité que le président a contestée, et en Russie, la loi interdisant de parler d’homosexualité aux mineur.e.s fait des ravages.

RELATIONS BILATÉRALES AFFECTÉES
Les parlementaires européen.ne.s rappellent dans leur résolution que plusieurs pays d’Afrique ne pénalisent pas les relations consenties entre personnes de même sexe et que l’Afrique du Sud a même ouvert le mariage aux couples homosexuels (la carte des pays condamnant l’homosexualité peut être consultée sur le site de Libération). Les député.e.s indiquent par ailleurs que les relations bilatérales entre les États membres de l’Union et les pays portant atteinte aux droits des LGBT pâtiront de cette politique homophobe et transphobe.

Les parlementaires insistent par ailleurs sur la nécessité, lors de la révision des accords de Cotonou, que soit incluse «une mention explicite de la non-discrimination fondée sur l’orientation sexuelle». Concernant la Russie, le Parlement «demande aux autorités russes d’abroger [la loi « anti-propagande homosexuelle »] et appelle à la poursuite de la vigilance internationale sur cette question».

ALLER PLUS LOIN
L’Inde est également mentionnée dans cette résolution où les député.e.s saluent «l’initiative des autorités indiennes visant à inviter la Cour suprême à revoir son arrêt au motif qu’il viole le principe constitutionnel d’égalité». Le gouvernement a fait «le bon choix», estime la députée européenne et co-présidente de l’Intergroupe LGBT Ulrike Lunacek dans un communiqué. Si la justice se montre réticente à prendre en compte ce principe, les parlementaires de l’Union demandent «au parlement indien d’annuler la section 377 du code pénal indien».

La veille du vote de la résolution, la Haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères Catherine Ashton a publié un communiqué dans lequel elle se dit «préoccupée» de la situation au Nigeria. Co-président de l’Intergroupe LGBT, le député Michael Cashman semble vouloir aller plus loin, puisqu’il appelle «l’Union et les États membres à faire usage de tous les pouvoirs à leur disposition pour soutenir une dépénalisation complète immédiatement». Plusieurs des vœux formulés dans la résolution impliquent une action de la Commission européenne et du Conseil européen. Il appartient aux États membres de faire en sorte que ces mots ne restent pas lettre morte.

Photo Rama