Alors que des milliers de demandeurs/euses d’asile africain.e.s s’élèvent contre la politique d’immigration du gouvernement israélien, c’est aussi une immigrée, venue, elle, des Philippines, qui a conquis le cœur – et les oreilles – des téléspectacteurs/trices. Rose Fostanes, alias Osang, a remporté l’émission X Factor Israël, mardi dernier.

Âgée de 47 ans, Rose Fostanes a émigré à Tel-Aviv en 2008, où elle est aide soignante (la plupart des immigré.e.s philippin.e.s travaillent dans le secteur des services à la personne). Ouvertement lesbienne, petite (elle mesure 1m50) et ronde, elle ne parle pas hébreu et n’a interprété que des titres en anglais. Ce qui ne l’a pas empêchée de séduire le public en reprenant Queen, Lady Gaga, Alicia Keys et, pour finir, My Way, la version anglophone du Comme d’habitude de Claude François:

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«Participer à X Factor a vraiment changé ma vie parce qu’avant j’avais une très faible estime de moi alors qu’à présent j’ai confiance en moi, j’ai des ami.e.s et des gens qui m’aiment dans la rue et me font des compliments», a-t-elle déclaré à Reuters.

Lors de la finale, à laquelle la compagne de Rose, Mel Adel, a assisté, l’émission, présentée par la mannequin Bar Refaeli, a frôlé les 40% de parts d’audience, rapporte RFI. Et la victoire de Rose Fostanes est remontée jusqu’au président philippin Benigno Aquino, dont un porte-parole a déclaré: «Nous connaissons sa vie et nous sommes très fiers qu’elle ait fait honneur aux Philippines grâce à son talent». RFI souligne d’ailleurs que ce succès a d’autant plus d’importance que 10% des Philippin.e.s (soit 10 millions, dont environ 20000 en Israël) sont parti.e.s travailler à l’étranger et occupent souvent des emplois mal considérés, comme Rose.

Mais le conte de fées s’arrête là, pour l’instant tout du moins. Les services d’immigration ont en effet indiqué que Rose ne dispose que d’un visa d’aide-soignante et n’a donc pas le droit de gagner sa vie en chantant en Israël, mais elle peut chanter bénévolement. Elle devrait néanmoins pouvoir demander à bénéficier d’une dérogation.

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