Pour les militantes de L’Autre Maman et de FièrEs, il est évident que le gouvernement a fait un mauvais calcul politique en choisissant d’attendre «l’apaisement» de la société avant de légiférer sur la PMA. Dans une tribune, elles interpellent la ministre de la Famille Dominique Bertinotti pour lui rappeler qu’aucune voix ne sera gagnée en reculant sur des engagements pris par l’exécutif:

«Les pressions exercées par les « anti-égalité » ne disparaîtront pas. Cette frange nauséabonde de réactionnaires qui se plaisent à attaquer systématiquement toutes celles et ceux qui ne leur ressemblent pas et qu’ils jugent inférieurs a malheureusement toujours existé.

Nous avons une information étonnante et exclusive à vous donner à leur propos : ces assoiffés de haine n’ont jamais voté et ne voteront jamais pour vous, ils ont fait de l’intolérance leur signe de reconnaissance et leur identité.»

Elles reprochent au gouvernement son silence qui laisse le champ libre aux opposant.e.s à l’égalité des droits pour faire courir les pires mensonges qui contribuent à la désinformation du plus grand nombre.

«L’absence de prise de position claire, ou d’un calendrier annoncé de débats, constitue un appel d’air à la diffusion de contre-vérités sur la réalité de la PMA telle qu’elle existe aujourd’hui, et pourrait exister demain en France. Pour exemple, 20000 enfants naissent chaque année après une PMA, et 10% des PMA pratiquées concernent déjà des situations d’infertilités dites sociales, c’est-à-dire non liées à des pathologies diagnostiquées. Ouvrir la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires ne changerait donc rien aux conditions d’accès qui la régissent, hormis la fin d’une discrimination uniquement fondée sur l’orientation sexuelle et le patriarcat.»

Mais elles annoncent aussi qu’elles se battront pour «défendre [leurs] familles». «L’égalité n’a jamais été réalisée de façon apaisée», rappellent-elles, annonçant de fait une année de combat politique pour la conquête du «droit des femmes à disposer de leur corps et de choisir de faire un enfant si elles le veulent, et quand elles le veulent».

L’intégralité de la tribune peut être lue sur Mediapart.

Photo Xavier Héraud