Le coureur américain Nick Symmonds avait surpris tout le monde en dédiant sa médailles à ses ami.e.s homos et en se prononçant en faveur de l’égalité des droits lors des mondiaux d’athlétisme de Moscou, alors qu’il avait annoncé quelques jours auparavant qu’il ne ferait pas de déclaration en faveur des LGBT par «respect» envers le pays hôte de la compétition. Dans une interview accordée à Outsports, il explique ce qui l’a poussé à changer d’avis:

«À l’origine, je voulais me concentrer sur le fait de gagner une médaille. C’était mon objectif. C’est ce pour quoi je me suis entraîné et c’est la raison qui m’amenait en Russie. Je me suis aussi dit que dans un monde idéal, il faut être capable de mettre nos différences de côté et concourir à ces compétitions internationales rien que pour l’amour et la beauté du sport.

Mais quand j’étais en Russie et que j’ai vu de mes propres yeux la façon dont les homos étaient traité.e.s dans la rue, jeté.e.s à terre juste pour un baiser ou pour s’être donné la main, face à toute cette haine et cette intolérance juste sous mes yeux, je me suis dit que ce n’était pas bien.

En plus, j’avais ma médaille autour du cou, je savais que j’avais accompli ce que j’étais venu faire, j’ai su que c’est le moment pour faire en sorte que cette médaille signifie plus que juste courir très vite sur une piste. Je devais apporter une prise de conscience sur l’intolérance que j’avais vue là-bas.»

S’il connaît personnellement d’autres athlètes homos ou bis, dont six dans sa discipline, il pense que c’est la peur de perdre des fans ou des sponsors qui les pousse à dissimuler leur orientation sexuelle. Et il veut croire qu’en s’unissant, les athlètes pro-LGBT parviendront à faire bouger les lignes sans encourir de sanctions à Sotchi: «Il est illégal de manifester ou même d’agiter un drapeau arc-en-ciel, mais je vous le dis, si 5000 athlètes agitent un drapeau arc-en-ciel, j’aimerais bien voir ce que le gouvernement russe pourra faire contre ça».

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