Le réseau communautaire Galead a été lancé au début du mois de novembre. Il se veut le «premier réseau mondial de la communauté LGBTI». Entreprises, associations et particulièr.e.s peuvent y renseigner un profil et interagir. Yagg a interviewé François Guilhem (à gauche sur la photo), l’un des fondateurs du réseau.

Galead offre-t-il des services différents de ce que l’on peut trouver sur des réseaux sociaux généralistes comme Facebook? À la différence de Facebook, Galead est aussi un moteur de recherche et un annuaire doté de critères de recherche très précis. C’est utile pour trouver un bar ou un hôtel, mais aussi n’importe quel autre type d’établissement ou d’association. Par ailleurs, Galead est un réseau fermé, accessible uniquement sur invitation. Le recrutement est moins spontané, mais beaucoup de personnes l’ont demandé pour assurer une plus grande confidentialité. Les moteurs de recherche ne sont pas en mesure d’identifier une personne par son nom et chacun.e peut moduler les règles de confidentialité qui s’appliquent à son profil. Il n’y a pas encore de fonctionnalités inédites, mais nous avons fait la synthèse de ce qui pouvait exister de meilleur sur Facebook ou TripAdvisor.

Les réseaux sociaux gagnent de l’argent en vendant les données des utilisateurs et en affichant des publicités. Comment vous y prendrez-vous? Nous sommes dans une logique inverse à celle de Facebook. Sur Galead, les entreprises sont référencées gratuitement mais elles doivent payer un abonnement pour bénéficier de certaines fonctionnalités (moins de 200 euros par an). Toutes les fonctionnalités restent gratuites pour les particulièr.e.s et les associations. Il n’y a pas d’espace publicitaire ou d’utilisation commerciale des données, en accord avec nos engagements auprès de la CNIL. Le modèle économique repose uniquement sur les abonnements des professionnel.le.s.

Comment vous est venue l’idée de créer Galead? Avec Bruno, l’un des deux autres associés, nous étions en vacances à Los Angeles il y a quelques années et nous cherchions un endroit où sortir. Nous avions une liste de 40 bars mais nous ne savions pas dans lequel aller. Nous avons alors pensé à un guide de voyage, ce dont nous avons discuté avec Jean-Philippe, le troisième associé, très actif dans le milieu associatif parisien. Il a alors souligné que les associations ont rarement voix au chapitre dans les guides. Nous avons ouvert des discussions avec la FSGL, le centre LGBT de Paris Ile-de-France, l’Autre Cercle, et d’autres associations au niveau international pour mieux comprendre leurs problématiques.

On peut renseigner de nombreux détails personnels. En quoi Galead se démarque-t-il d’un site de rencontre? Le site n’est pas orienté vers la rencontre. Même si, comme Facebook ou Twitter, il peut être détourné de la sorte. Nous aurons par exemple les mêmes fonctionnalités que GrindR sur notre application iPhone. Mais nous avons surtout pour ambition de soutenir des projets associatifs, comme des conférences, des salons ou les Gay Games par exemple. La logique est aussi d’aider le milieu associatif en permettant aux associations de communiquer avec leurs membres ou d’en recruter de nouveaux/elles, aussi facilement et efficacement que le font les grands établissements ou événements LGBT à gros budget. Nous avions envie de tout trouver en un seul endroit, qu’il s’agisse d’un guide des soirées, d’un annuaire des associations ou d’articles. On travaille sur une actualisation du site avec de nouvelles fonctionnalités innovantes à destination des professionnels et associations. D’ici cet été, nous l’aurons également décliné en plusieurs langues et nous aurons finalisé notre application mobile.

Comment faire pour s’inscrire sur Galead? Les professionnel.le.s et les associations peuvent créer leur profil directement sur le site en vérifiant qu’un profil pré-référencé n’existe pas déjà. Les particulièr.e.s doivent s’adresser à des associations ou des entreprises pour être invité.e.s, ou demander à leurs ami.e.s déjà inscrit.e.s. Au besoin, il est aussi possible de nous joindre par email ou sur les réseaux sociaux.

Photo Galead