[mise à jour, 13 janvier, 18h26] Ajout de la vidéo.

«Ce n’était pas un militant. C’était juste un homme qui a été envoyé en prison en raison de sa sexualité», commente un ami de Jean-Claude Roger Mbédé, décédé vendredi 10 janvier dans son village de Ngoumou, près de Yaoundé, au Cameroun, à l’âge de 34 ans.

Dénoncé comme homosexuel, Roger Mbédé avait été arrêté en mars 2011. Reconnu coupable d’avoir envoyé par SMS «Je suis très amoureux de toi» à un autre homme, il avait été condamné à trois ans de prison. Maltraité lors de sa détention, il avait obtenu sa libération provisoire en juillet 2012. En décembre 2012, sa condamnation avait été confirmée en appel.

Roger Mbédé a dû être opéré plusieurs fois en raison d’une hernie apparue lors de sa détention. Selon le site Erasing 76 Crimes, il n’avait plus les moyens financiers de se soigner. Il a donc quitté l’hôpital et est retourné dans sa famille. «Sa famille l’a récupéré en lui disant « on peut te sortir de là [de l’homosexualité, NDLR] »», a expliqué Maxilienne Ngo Mbe, directrice exécutif du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) au Cameroun, à Jeune Afrique.

«Il était littéralement séquestré, malade, sans soins, traité comme une malédiction par la famille qui a souhaité le voir emporté par la maladie: ils l’ont laissé crever», s’indigne Alice Nkom, l’une de ses avocates, qui a confirmé à Yagg le décès du jeune homme.

Témoignage de Roger Mbédé, enregistré par Quijada Producciones en partenariat avec le Projet d’Assistance et d’Encadrement des Minorités Homosexuelles (Projet PAEMH) au Cameroun, financé par l’Union européenne:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Roger Mbede: Condamnation à 3 ans de prison pour homosexualité au Cameroun.

Photo Amnesty International (Roger Mbédé et Alice Nkom)