L’Épiphanie a été célébrée le 6 janvier au Pirée par les pratiquant.e.s orthodoxes. À cette occasion, des couples homosexuels ont protesté contre la venue de l’évêque Séraphim, qui a multiplié les propos homophobes ces derniers temps, alors que le gouvernement tentait d’élargir le partenariat civil aux couples de même sexe. L’écclésiastique avait condamné cette volonté politique de faire en sorte que «ce terrible péché de l’homosexualité, de la sodomie, ces relations sexuelles non naturelles, la pédérastie et la pédophilie apparaissent comme un comportement normal.» Il avait par ailleurs menacé d’excommunication tout.e député.e qui voterait en faveur de l’ouverture des unions civiles aux couples de même sexe.

«POUSTIRIOT»
Un kiss-in a donc eu lieu lors de la cérémonie, durant laquelle l’évêque doit jeter une croix dans la mer et plusieurs hommes doivent ensuite y plonger pour aller la récupérer. Thanasis Troboukis a assisté à l’événement et raconte sur Vice le déroulement de la manifestation. Les organisateurs/trices de l’événement avaient lancé le hashtag #Poustiriot, un clin d’œil au groupe militant Pussy Riot avec le mot argotique «pousti» qui signifie pédé en grec. Sur le flyer distribué lors du kiss-in, quelques mots pour expliquer le geste des militant.e.s: «L’amour n’est PAS un péché. Nous ne nous cacherons pas. Nous ne nous tairons pas. Nous ne nous excuserons pas. Nous voulons l’égalité des droits.»

 

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LUTTER CONTRE L’INFLUENCE DU LEADER RELIGIEUX
«Selon la loi, les « kissers » auraient pu être arrêté.e.s pour attentat à la pudeur et blasphème, explique Thanasis Troboukis. Alors certain.e.s avaient apporté leur brosse à dent au cas où leur comportement leur vaudrait quelques nuits au poste.» Néanmoins, ce sont davantage les représentants du parti néo-nazi Aube Dorée qui ont perturbé la cérémonie, car ils n’avaient pas été conviés à y assister comme d’autres politiques. L’objectif de ce kiss-in n’était pas d’aller choquer les croyant.e.s, comme l’explique une des organisatrices Eliza Goroya: «L’évêque Seraphim justifie ses propos horribles en utilisant son statut institutionnel, affirme-t-elle au regard de la présence de personnalités politiques lors de la célébration de l’Épiphanie. Les gens qui choisissent d’y assister ne sont pas complètement innocents. En faisant cela, ils confirment l’influence d’un leader religieux, une influence qu’il utilise ensuite pour manipuler les politicien.ne.s et maintenir des positions patriarcales moyenâgeuses. Nous sommes là pour dire que nous n’avons pas honte.»