Après la Société des réalisateurs, c’est au tour de la Ligue de l’Enseignement de réagir à la levée de boucliers contre le film Tomboy. L’organisation a fait parvenir un communiqué dans lequel elle critique l’«instrumentalisation» du long-métrage de Céline Sciamma par «la frange traditionaliste» qui cherche aujourd’hui à empêcher la diffusion du long-métrage dans les écoles.

«RELANCER DES DÉBATS MALSAINS ET RÉTROGRADES»
«Tomboy est inscrit au programme « École et cinéma », un dispositif qui initie les élèves à la culture cinématographique, depuis septembre 2012. L’histoire de Laure, 10 ans, qui fait croire à ses camarades qu’elle est un garçon a donc été vue par près de 50000 enfants sans provoquer de réactions particulières. Or plus d’un an après son intégration dans le programme, elle suscite aujourd’hui la colère des détracteurs de la théorie du genre (sic) qui, en instrumentalisant honteusement le film, espèrent relancer les débats rétrogrades et malsains qu’ils avaient initiés au moment de la loi sur le mariage pour tous.» Depuis fin novembre, une pétition circule pour inciter le ministère de l’Éducation à retirer Tomboy de ce programme pédagogique. Elle a recueilli à ce jour plus de 20000 signatures.

GARANTIR LA «DIVERSITÉ DES VISIONS DU MONDE»
En apportant son soutien au film, à sa réalisatrice Céline Sciamma, et au programma «École et Cinéma», la Ligue de l’Enseignement défend aussi l’éducation à l’image: «Elle s’inscrit dans un esprit laïque clairement exprimé dans la Charte de la laïcité à l’école, où il est écrit qu’ »afin de garantir aux élèves l’ouverture la plus objective possible à la diversité des visions du monde ainsi qu’à l’étendue et à la précision des savoirs, aucun sujet n’est a priori exclu du questionnement scientifique et pédagogique ».»

Photo Pyramide Distribution