Toutes deux se connaissent des folles années des cabarets. Depuis, elles ont suivi d’autres chemins. Bambi, que le documentaire de Sébastien Lifshitz a permis de mieux connaître, a été, après sa carrière au Carousel, professeure de français et décorée des Palmes académiques. Galia, ancienne elle aussi du Carousel, est connue comme figure du Queen, où elle a animé les soirées pendant près de deux décennies. Ensemble, elles viennent d’écrire Comme autant de ronds dans l’eau, un roman pas vraiment à l’eau de rose, une saga riche en rebondissements mais où la différence –de genre ou d’orientation sexuelle– triomphe. Et comme ce sont elles qui en parlent le mieux, nous vous proposons deux extraits de l’interview qu’elles ont accordée à Yagg.

Interview de Bambi et de Galia sur Comme autant de ronds dans l’eau, premier extrait:

Sur l’envie d’écrire
Galia: «Je n’ai pas…euh…comment dirais-je? Je n’ai pas le recul nécessaire pour savoir si j’écris bien ou pas, voilà.  Je savais que Bambi, elle écrivait et tout, et un jour je me suis dit mais au fond, comme j’avais déjà fait cet exercice avec un copain pour écrire un scénario de film et que ça m’avait beaucoup plu. Je me suis dit “Tiens, avec Marie-Pierre ce serait bien, si elle acceptait, c’était pas sûr qu’elle accepte, qu’elle “acceptât” [rires]. Donc j’étais pas sûre, j’ai proposé, et à ma grande joie et surprise, elle a dit oui.»

Sur les personnages
Bambi: «On s’est inspirée du personnage de Madame de La Pommeray, de Diderot. Dans notre roman, Gersande apprend que sa rivale est une créature, que c’est une transsexuelle. Alors pensez que c’est un explosif qu’elle a dans ses mains. Elle aurait rien contre elle, pourvu qu’elle ne se trouve pas sur son chemin. Or, elle se trouve sur son chemin et l’explosif explose, bien entendu.»

Interview de Bambi et de Galia sur Comme autant de ronds dans l’eau, deuxième extrait:

Sur le message de ce roman
Bambi: «Je ne pense pas. Il n’y a pas de message. Je suis incapable d’envoyer des messages à qui que ce soit. Il y a des situations, il y a le désir d’écrire. Le désir et le plaisir, oui un plaisir qui est quelque fois une souffrance. Mais enfin, une souffrance exquise, comme on dit… C’est-à-dire aigüe.»

Sur les hommes hétérosexuels dans ce roman
Gallia: «Ils sont passifs, parce qu’ils sont pas acteurs, ils sont spectateurs de leur vie. Voilà, on leur a dit voilà il faut faire ceci, il faut faire cela. Ils ont suivi le chemin là, la grande route. Alors que nous, nous prenons les sentiers de traverse.»

Merci à Dimitri Jean pour la retranscription.

Photo Christophe Martet

 

 

 

 

Comme autant de ronds dans l’eau, de Marie-Pierre Pruvot et Galia Salimo, Ex-Aequo, 19€