L’évêque auxiliaire Charles Scicluna a raconté au Sunday Times of Malta les grandes lignes d’un entretien qu’il a eu avec le pape François le jeudi 12 décembre. «Quand j’ai évoqué mon inquiétude sur l’adoption d’enfants par des couples homosexuels, il m’a encouragé à me prononcer publiquement», explique l’homme d’église qui a suivi les conseils du pape. Dans son homélie de Noël, il s’est prononcé contre un projet de loi sur les unions civiles, actuellement discuté par les parlementaires à Malte, qui permettrait aux couples de même sexe d’adopter. Le pape est «choqué» par ce projet de loi, a précisé l’évêque.

Pour Charles Scicluna, le seul modèle de famille viable est celui où un homme et une femme élèvent un enfant. Un point de vue pas très éloigné de ce que Jorge Mario Bergoglio, alors archevêque de Buenos Aires, déclarait en 2010 selon le National Catholic Reporter. Celui qui est depuis devenu le pape François y affirmait que l’ouverture de l’adoption entraînerait une discrimination entre les enfants:

«L’enjeu, ce sont les vies de nombreux enfants qui seront par avance victimes de discrimination et privés du développement humain qu’offrent un père et une mère comme Dieu le veut. L’enjeu, c’est le rejet de la loi de Dieu gravée dans nos cœurs.»

Selon un sondage paru ce samedi 28 décembre dans Le Parisien, le pape François est exceptionnellement populaire auprès des Français.es grâce à sa «simplicité». Au cours des derniers mois, il s’est illustré en invitant publiquement les prélats à parler d’autre chose que d’homosexualité, mais aussi en encourageant l’Église à intégrer les personnes homosexuelles. Les révélations de Charles Scicluna sur cet entretien privé montrent un hiatus entre les déclarations officielles du pape et ses positions personnelles.

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