Lors de la visite d’une église pentecôtiste de Mbarara dans le sud-ouest de l’Ouganda à l’occasion des festivités de Noël, le président Yoweri Museveni a été interpellé par un membre du clergé, Joseph Serwadda, qui l’a interrogé sur la date à laquelle il promulguera la loi anti-homosexualité votée la semaine dernière. «Je vais d’abord l’examiner avec soin. Si je la juge bonne, je la promulguerai, mais si elle ne m’apparaît pas bonne, je la renverrai devant le Parlement», a-t-il indiqué selon le quotidien ougandais New Vision.

IMPRÉVISIBLE
Le chef d’État a par le passé montré une certaine distance avec ce texte de loi, sans pour autant prendre la défense des personnes LGBT. En 2010, il avait évoqué, un brin amusé, la pression qu’ont fait peser le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis pour barrer la route à l’adoption de cette loi. Deux ans plus tard, il avait désavoué la persécution des homos… tout en appelant à ne pas faire la promotion de l’homosexualité. Impossible de prédire dans quel sens il opinera cette fois-ci, d’autant plus que d’après des documents révélés par WikiLeaks, son épouse est une des têtes pensantes de la loi. Au cours de sa visite à l’église, Yoweri Museveni a encouragé les efforts d’expansion du clergé qui souhaite construire une cathédrale. Le président a financièrement contribué à l’édification de celle-ci. Il a également cité plusieurs versets bibliques pour exhorter les chrétien.ne.s à prendre part à ces projets de construction.

Pour le militant des droits LGBT Edwin Sesange, l’espoir que le président repousse la loi demeure. Celle-ci serait contraire à la Constitution ougandaise et aux engagements internationaux du pays. Le chef d’État s’est par ailleurs efforcé d’améliorer l’image du pays à l’étranger, a assuré cet activiste à la tête du groupe Out and Proud Diamond au site Gay Star News. «Il a toujours soutenu les bonnes causes, comme la lutte contre le sida, l’égalité pour les femmes, la paix dans la région et les droits des minorités comme les squatteurs», a-t-il énuméré avant d’appeler le chef de l’exécutif à faire usage de son droit de veto. Yoweri Musevini préside l’Ouganda depuis 1986.

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