Catherine Michaud, présidente de GayLib, qui rassemble des LGBT de droite et du centre-droit, est présente en troisième place dans le IIe arrondissement de Paris sur la liste de rassemblement menée par Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP). Elle a personnellement milité en faveur de l’ouverture du mariage, mais figure désormais aux côtés de responsables politiques qui défendent des idées à l’opposé des siennes.

Pourquoi avez-vous accepté de figurer sur la liste de la droite dans le IIe arrondissement pour les municipales à Paris? Il s’agit avant tout d’une liste d’union entre l’UDI, le MoDem et l’UMP sur laquelle on m’a proposé de figurer et j’ai accepté. GayLib aura d’autres candidat.e.s à des places diverses dans d’autres arrondissements, mais je tiens à souligner qu’il s’agit de listes de rassemblement. Je ne suis pas une candidate UMP, mais UDI et je défendrai mes valeurs. Il y a un an, j’ai défendu le texte ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe, même s’il a été proposé par un autre bord politique. On a participé à des débats, on a manifesté, on a rencontré des parlementaires. Depuis que je suis présidente de GayLib, j’ai été très claire puisque j’ai dit que je soutiendrai tous les textes, même portés par la gauche, tant qu’ils améliorent les droits des LGBT. Je ne me renierai jamais et dans ma candidature à Paris, ce sont les valeurs humanistes que je défendrai. Et ce sera comme cela dans chaque arrondissement. Nous défendrons les valeurs d’un mouvement au sein d’une liste de rassemblement.

Sur l’ouverture du mariage, Nathalie Kosciusko-Morizet a fait le choix de «l’abstention militante». Et après cela, GayLib la soutient? C’est un raccourci de présenter les choses ainsi. GayLib sera présent sur les listes d’union de la droite et du centre, mais aussi parfois en province. Nous défendons les droits des LGBT de droite et du centre-droit et nous avons la volonté de rassembler et de toucher tout le monde. Dans le IIe arrondissement par exemple, 36% des mariages concernent des couples de même sexe. Ces personnes-là ont envie d’être représenté.e.s. Paris est multiple et diverse et les listes de rassemblement reflètent cette diversité.

Concrètement, pourra-t-on vous voir tracter aux côtés de personnalités qui refusent l’égalité des droits pour les LGBT? À droite, certain.e.s ne partagent pas nos valeurs, mais d’autres ont affiché leur soutien aux droits des LGBT. Je ne soutiens pas les idées de Philippe Goujon (UMP) [député-maire sortant dans le XVe arrondissement, ndlr], mais vous remarquerez que Yann Wehrling (MoDem) figure avec Philippe Goujon et Jean-François Lamour (UMP). Il est pro-LGBT et il défendra ses idées et ses valeurs. On pourra me voir côte à côte avec des responsables politiques opposé.e.s aux droits des LGBT, mais je ne cautionnerai jamais des propos anti-LGBT et je ne me tairai pas si j’en entends. Hélène Delsol (UMP), qui est tête de liste dans le IIe arrondissement, a indiqué qu’elle appliquera la loi. Le combat du mariage a été remporté par et pour les LGBT et personne ne nous démariera.

Vous n’êtes pas en position éligible. Pourrez-vous vraiment avoir de l’influence? Si l’arrondissement reste à gauche, je peux malgré tout être conseillère d’arrondissement. Il s’agit de toute façon d’une élection municipale, donc locale et pas nationale. Même si je n’obtiens pas de siège au Conseil de Paris, je pourrai mener un vrai travail de proximité avec les habitant.e.s et je pourrai représenter les LGBT au conseil d’arrondissement. Ces conseils ont une mission, ils servent à quelque chose et peuvent avancer des propositions. Il est important que les LGBT aient des représentant.e.s, pour que nous puissions veiller à l’application et au respect de nos droits. Être présent.e à différents niveaux permet de faire entendre sa voix et celle de sa communauté.

Photo Cybele Vigneron