Enseignante dans un collège de l’Oise où beaucoup d’élèves sont issus de familles immigrées, une professeure a projeté le film Tomboy de Céline Sciamma, dans lequel la jeune Laure profite de son apparence androgyne pour se présenter en garçon auprès de ses camarades de jeu. «Certains m’ont dit: « L’homosexualité, c’est péché »», témoigne l’enseignante. D’autres auraient préféré être prévenu.e.s du thème du film à l’avance… afin de ne pas le voir. D’autres encore ont jugé que c’était «dégueulasse» mais que chacun.e est libre d’agir à sa guise.

Une élève chrétienne d’origine ivoirienne lui a finalement confié qu’elle réfléchirait. Mais la mère de celle-ci n’a pas été aussi ouverte et a contacté d’autres parents ainsi que le principal pour que ne soient plus diffusées des œuvres ayant «vocation à légitimer l’homosexualité». Elle n’a finalement pas donné suite. Alors qu’une pétition circule pour faire interdire ce film dans les écoles, l’enseignante est formelle: il a été utile pédagogiquement.

«Grâce à ce débat sur Tomboy, j’ai ressenti que l’on peut encore sortir du processus de fanatisation. Le cinéma peut ouvrir les consciences, et l’école est là pour enlever les carcans moraux.»

Un témoignage à lire sur LeMonde.fr.