Les deux membres du groupe punk-féministe Pussy Riot, Maria Alekhina et Nadezkda «Nadia» Tolokonnikova qui étaient encore en détention pour hooliganisme et incitation à la haine religieuse viennent d’être libérées. Elles bénéficient de la loi d’amnistie signée par Vladimir Poutine.

«COUP DE PUB»
Pour Maria Alekhina, la première à avoir retrouver la liberté ce matin à 9 heures, ce geste du président russe n’est destiné qu’à redorer son blason à l’approche des Jeux olympiques d’hiver auprès de la communauté internationale: «Je ne crois pas que ce soit un geste d’humanité. Je pense que c’est un coup de pub.» Elle a ajouté qu’elle aurait souhaité pouvoir refuser d’être libérée. Mi-décembre, la perspective d’une amnistie pour les deux jeunes femmes mais aussi pour d’autres détenu.e.s politiques s’était concrétisée. Mais concernant les membres du Pussy Riot s’ajoutait aussi la décision de la Cour suprême russe de réexaminer le jugement en raison de plusieurs erreurs de procédure. L’oligarque Mikhaïl Khodorkovski, emprisonné depuis 2004, a lui aussi été libéré. Ce détenu politique particulièrement médiatisé a décidé de continuer la lutte pour la défense des prisonnièr.e.s politiques. Il s’est notamment exprimé sur les Jeux de Sotchi, appelant à ne pas boycotter l’événement pour ne pas gâcher la «fête pour des millions de gens». Des membres de Greenpeace ont également été relâché.e.s.

COMMENT LES FILLES DE PUSSY RIOT ONT DÉFIÉ VLADIMIR POUTINE
En février 2012, le collectif Pussy Riot avait entonné une prière punk dans l’enceinte de la cathédrale du Christ Saint-Sauveur à Moscou pour protester contre la politique de Vladimir Poutine et le soutien apporté par le chef de l’Église orthodoxe, le patriarche Kirill. Deux membres présumées du groupe avaient été arrêtées, Maria Alekhina et Nadezkda «Nadia» Tolokonnikova, puis une troisième, Ekaterina Samoussevitch. Audiences reportées, détention prolongée, mobilisation internationale croissante, les trois jeunes femmes avaient été finalement condamnées le 17 août 2012. Si Ekaterina Samoussevitch a bénéficié d’un sursis, les deux autres membres de Pussy Riot étaient depuis bientôt un an et demi enfermées dans des conditions de détention particulièrement difficiles. Leur détention devait s’achever en mars 2014.

Photos Captures (Nadezda Tolokonnikova / Maria Alekhina)