[mise à jour, 22 décembre, 11h20] Ajout des tweets de Najat Vallaud-Belkacem.

Suite à l’adoption d’une loi criminalisant l’homosexualité vendredi matin, plusieurs pays ont réagi, montrant leur solidarité avec les LGBT ougandais ou exhortant le gouvernement à respecter les droits humains des minorités.

PERPÉTUITÉ POUR «HOMOSEXUALITÉ AGGRAVÉE»
Pour rappel, la loi soumise au vote du Parlement prévoit une peine de 14 ans de prison pour les personnes reconnues coupables d’avoir eu des relations avec une personne de même sexe, peine qui peut aller jusqu’à la perpétuité dans les cas d’«homosexualité aggravée». Elle contient en outre d’autres dispositions extrêmement sévères et injustes puisqu’elle punit aussi la «promotion de l’homosexualité» (passible d’une peine minimale de 5 ans de prison ou, lorsque le contrevenant est une ONG, de l’annulation du certificat d’enregistrement ou de 7 ans d’emprisonnement pour son/sa directeur/trice), le «défaut de divulgation» (passible d’une amende et de jusqu’à trois ans d’emprisonnement) ou encore la location de biens à une personne homosexuelle (passible d’un emprisonnement maximal de 5 ans).

L’INQUIÉTUDE DE LA MAISON BLANCHE
En 2009, lorsque la menace de cette fameuse loi avait commencé à peser sur les LGBT ougandais, Barack Obama l’avait qualité d’«odieuse». Hier, un représentant de la Maison Blanche a fait savoir que l’administration du président des États-Unis était «profondément inquiète» du passage de cette mesure: «En tant qu’Américain.e.s, nous croyons que les gens méritent de vivre libres et égaux, et que personne ne devrait craindre la violence ou la discrimination pour qui il/elle est ou qui il/elle aime. Nous nous joignons à ceux/celles en Ouganda et à travers le monde qui en appellent au respect des droits humains pour les LGBT et pour toutes les personnes.»

RÉACTION DE L’EUROPE ET DU ROYAUME-UNI
«Je regrette l’adoption de la loi anti-homosexualité en Ouganda», a déclaré dans un communiqué de presse Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne. J’exhorte les autorités ougandaises de s’assurer du respect du principe de la non-discrimination, garanti par la constitution ougandaise, et de préserver un climat de tolérance pour toutes les minorités » dans le pays.» Au Royaume-Uni, Hugh Robertson, ministre délégué à l’étranger et au Commonwealth a lui aussi fait part de ses préoccupations: «Le Royaume-Uni s’inquiète de l’impact potentiel de la loi anti-homosexualité adoptée par le Parlement ougandais sur les droits humains dans ce pays. Tout en reconnaissant la souveraineté de l’Ouganda, nous croyons que cette loi est incompatible avec la défense des droits des minorités et ferait augmenter les persécutions et la discrimination à l’encontre de personnes ordinaires en Ouganda. Nous avons fait part et continuerons à montrer notre inquiétude.»

Côté français, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, s’est exprimée sur Twitter:

Pour l’instant, la loi n’a pas encore été ratifiée par le président Yoweri Museveni.

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