L’association de lutte contre le VIH Act Up-Paris a fait part d’importants problèmes financiers qui la contraignent aujourd’hui à divers changements, notamment à la mise au chômage partiel de plusieurs de ses salarié.e.s.

«Avec en 2012 un budget de 875 000 euros et 11 salarié.e.s dont deux pour des projets interassociatifs, Act Up-Paris a une structure très réduite au regard des projets et des combats que nous devons mener, explique l’association dans un communiqué. En réduction constante depuis 2009, notre budget ne nous permet pas de reconstituer des réserves afin d’adapter nos projets et actions aux exigences de l’épidémie.» En effet, cela fait deux ans que l’association a commencé à restreindre ses publications et à limiter sa participation aux conférences internationales. Plus récemment, un changement de local s’est aussi imposé. Mais ces choix financiers n’ont pas été suffisants.

Tout comme Aides, qui annonçait cette semaine la mise en œuvre d’un Plan de sauvegarde de l’emploi, Act Up-Paris subit les conséquences d’un contexte économique difficile: «Dans le silence, nombre d’associations ferment, réduisent leur activité, abandonnent des actions et ne peuvent plus mener à bien leur travail sur des terrains que l’État abandonne. Comme elles, nous connaissons les difficultés rencontrées par nos donateurs/trices individuel.le.s. Nous subissons aussi de plein fouet les baisses des subventions publiques, ainsi que les retards de versements qui nous obligent à faire des « avances de trésorerie » à l’État et nous conduisent ainsi à des augmentations de frais bancaires annuels et autres agios à hauteur de plusieurs milliers d’euros.» L’association critique le manque d’investissement des pouvoirs publics dans la lutte contre le VIH: «Act Up-Paris est en colère contre l’irresponsabilité des pouvoirs publics qui s’autocongratulent aux 25 ans de l’ANRS ou au 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida, mais renvoient silence et mépris aux malades et aux associations. Act Up-Paris appellera prochainement à une Assemblée Générale du financement de la lutte contre le sida.»