Le parlement ougandais a adopté ce matin la loi anti-homosexualité, qui avait été repoussée l’an dernier. Selon les parlementaires, cette loi vise «à protéger la famille traditionnelle en interdisant toutes les formes de relations sexuelles entre personnes de même sexe et la promotion ou la reconnaissance de telles relations sexuelles par les institutions publiques comme étant un mode de vie sain, normal ou acceptable, y compris dans les écoles publiques, à travers ou par une quelconque entité du gouvernement ougandais ou par une organisation non-gouvernementale à l’intérieur ou à l’extérieur du pays». Lors du vote, les député.e.s ont rejeté une proposition limitant à 14 ans de prison la peine pour les personnes qui se rendraient coupables d’actes homosexuels. Désormais, elles risquent la prison à vie, mais échappent à la peine de mort. Les parlementaires exhortent le Président Yoweri Museveni à ratifier la loi le plus vite possible. L’an dernier, la présidente du Parlement, Rebecca Kadaga, avait souhaité qu’elle soit un «cadeau de Noël» fait aux Ougandais.e.s.

Le militant de Sexual Minorities Uganda (SMUG) Frank Mugisha a aussi réagi sur Twitter:

Joint par GayStarNews, le militant a fait part de son désarroi: «Je ne pensais pas que ça arriverait aujourd’hui. Je croyais qu’il nous restait du temps. Je suis sous le choc. Tou.te.s nos allié.e.s n’étaient pas préparé.e.s à ça. Aucun.e de nous ne l’était. Nous allons nous opposer à cette loi car elle est inconstitutionnelle. Nous allons faire tout ce que nous pouvons pour nous y opposer. Nous avons besoin de la communauté internationale pour attirer l’attention sur le passage de cette loi. Nous avons besoin d’attention maintenant. Je suis très déçu. Tou.t.e.s mes collègues paniquent. Ils et elles pensent qu’il va y avoir une chasse. Ils et elles pensent que c’est déjà une loi. Et ils et elles pensent qu’ils vont mourir.»

Photo Andrew Regan