Le gouvernement indien vient de demander à la Cour suprême de revoir son jugement, qu’il juge «non viable». Mercredi 11 décembre, la Cour a en effet annulé un arrêt de 2009 qui dépénalisait – au moins localement – l’homosexualité. Cette décision, signifiant un retour en arrière des droits des LGBT, a créé une vague d’indignation dans le monde entier. Le recours du gouvernement demande donc l’annulation de la loi criminalisant l’homosexualité, la section 377, entrée en vigueur en 1860. Il réclame aussi une «audience publique» à ce sujet.

D’après le recours, la décision de la Cour suprême «souffre d’erreurs manifestes au regard de l’enregistrement, et est contraire aux principes établis par cette cour, exposant la largeur et l’étendue des droits fondamentaux selon les articles 14, 15 et 21 de la Constitution». Le ministre de la Justice Kapil Sibal a montré son soutien sur Twitter: «Espérons que le droit aux choix personnels soit préservé»:

Dans une tribune, la politique Priyanka Chaturvedi a vivement encouragé l’avancée que représente la fin de la dépénalisation de l’homosexualité en Inde: «Les cyniques se sont montrés suspicieux à propos du timing et du soutien que le public a montré concernant l’abrogation de la section 377, au gouvernement de l’Union. Il n’y a pas de bon ou de mauvais moment, politiquement, pour changer une loi archaïque qui n’est plus en accord avec l’époque dans laquelle nous vivons. Il est temps de faire évoluer notre nation hors de la mentalité régressive perpétuée par une certaine frange des groupes religieux. Si nous continuons à renoncer face à eux, cela mènera au déclin de notre société et de notre nation. Nous avons déjà vu beaucoup d’autres pays suivre cette pente. L’Inde ne peut être l’un d’entre eux. L’Inde s’est toujours montrée comme un pays inclusif, laïque, progressiste, libéral et moderne dans la communauté internationale. Cela ne doit pas être différent quand cela concerne les droits des homosexuel.le.s et la décriminalisation de l’homosexualité.»

Photo Laurie Jones