Si François Hollande a annoncé qu’il ne se rendra pas en Russie pour les Jeux olympiques de Sotchi, la ministre des Sports Valérie Fourneyron y sera bel et bien présente, comme l’a précisé la porte-parole du gouvernement lors du point presse ce mercredi 18 décembre. Dans un tweet, la ministre des Sports a précisé que ce déplacement se fera «sans complaisance ni récupération».

Un communiqué du ministère ajoute en outre qu’il est habituel que la ministre des Sports se rende aux Jeux d’hiver. Valérie Fourneyron soutiendra «les sportives et sportifs tricolores engagés dans la compétition» et rappellera «l’attachement de la France à promouvoir les valeurs humanistes de l’olympisme au plus haut-niveau». La ministre évoquera-t-elle de nouveau la question des droits des personnes LGBT, comme elle l’avait fait lors des championnats d’athlétisme de Moscou? «Ces sujets ne seront évidemment pas éludés à l’occasion des XXIIe Jeux olympiques d’Hiver, mais cette rencontre doit rester avant tout une célébration sportive majeure», peut-on lire dans le communiqué.

L’absence de François Hollande a par ailleurs été justifiée par l’absence des présidents précédents aux Jeux d’hiver:

«Puisque la question a été posée concernant la présence du président de la République, il convient de rappeler que le président Chirac ne s’était pas rendu à Nagano en 1998, ni à Salt Lake City en 2002, ni à Turin en 2006. Le président Sarkozy n’était pas non plus présent aux Jeux olympiques de 2010 à Vancouver. Toute polémique à ce sujet est donc sans fondement.»

L’ancienne ministre des Sports Chantal Jouanno (UDI) a réagi sur Europe 1 en approuvant la décision du chef de l’État de ne pas prendre part aux JO de Sotchi, même si elle estime qu’il aurait dû expliciter pourquoi il n’ira pas. Elle considère par ailleurs que le message de protestation de la France face à la loi anti-propagande est signifié par l’absence des plus hauts représentants de l’État:

«Le président de la République, le Premier ministre ou le ministre des Affaires étrangères portent, eux, un message diplomatique et politique. L’enjeu dans ce débat, c’est en fait la présence de ces personnes aux cérémonies officielles.»

Outre-Atlantique, le président Barack Obama a annoncé qu’il n’assisterait pas non plus à la cérémonie d’ouverture et aucun membre du gouvernement en exercice ne figure dans la délégation américaine.

Photo Xavier Héraud