BD, Culture & Loisirs, Livres | 18.12.2013 - 18 h 49 | 0 COMMENTAIRES
  • Alison Bechdel
  • Bichon
  • C'est toi ma maman
  • Carole Maurel
  • Caroline Kruse
  • Chloé Cruchaudet
  • derek jarman
  • Didier Roth-Bettoni
  • fun house
  • Gami
  • Giacomo Forsani
  • Histoires inavouables
  • Julie Maroh
  • la lesbienne invisible
  • Le débat pour tous
  • Les Gens normaux
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  • mauvais genre
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Les Lectures de Yagg: la sélection de Noël

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Le choix de Yagg en bandes dessinées et romans graphiques – entre autres – à offrir ou à s'offrir…

romain et augustinRomain & Augustin - Un mariage pour tous, Thomas Cadène, Didier Garguilo et Joseph Falzon, Delcourt, 160 p., 19,99€. Le feuilleton de l'été du NouvelObs.com s'offre une seconde vie aux éditions Delcourt. Publié par épisode durant tout l'été 2013, Romain & Augustin - Un mariage pour tous est maintenant disponible en album. Deux illustrateurs ont donné vie au scénario de Thomas Cadène, qui a repris ses personnages de la bedenovela Les Autres Gens: Didier Garguilo qui a suivi les personnages dans leurs préparatifs jusqu'au jour J, et Joseph Falzon, dont les intermèdes intimistes avec l'entourage des deux futurs mariés mettent en lumière les convictions ou les doutes, la joie ou la désapprobation de chacun.e. L'histoire banale d'un mariage comme les autres (ou presque) qui fait écho à celle avec un grand H… Voir aussi notre interview de Thomas Cadène, le scénariste de Romain & Augustin. Maëlle Le Corre

 

 

Bechdel c toi ma maman C'est toi ma maman? d'Alison Bechdel, Denoël Graphic, 300 p., 24€. Dans Fun Home, Alison Bechdel racontait la découverte de son homosexualité parallèlement à celle, bien cachée, de son père. Avec C'est toi ma maman?, elle s'intéresse à sa relation avec sa mère, mais comme rien n'est jamais aussi simple avec Alison Bechdel, on la suit aussi dans ses réflexions sur Virginia Woolf ou le pédopsychiatre Donald Winnicott. Fun Home était une tragicomédie familiale, la suite est un drame comique. Mais ne vous attendez pas à vous rouler de rire par terre, comme cela put être le cas avec Les Lesbiennes à suivre (Dykes to Watch Out For), l'humour ici est grinçant, noir, douloureux et pourtant bien présent – l'un des meilleurs exemples est le titre Fun Home, qui n'est pas la description d'une maisonnée joyeuse mais l'abréviation de «funeral home», entreprise de pompes funèbres, dont le père d'Alison a hérité. Dans le noir et blanc de C'est toi ma maman, à peine éclairé de vieux rose, Alison Bechdel raconte donc sa mère, qui se rêvait actrice et dont le plus grand rôle a été d'entretenir l'illusion d'une famille idéale, malgré un mari dans le placard et bien qu'elle ait cessé de faire preuve de tendresse envers sa fille lorsque celle-ci avait 7 ans. S'il faut s'accrocher pour ne rien manquer des pensées de l'auteure, C'est toi ma maman? se dévore néanmoins facilement, tant Alison Bechdel maîtrise son dessin et son récit. Au travers de deux psychanalyses entreprises à 10 ans d'intervalle, plus que de sa mère elle-même, l'artiste parle des relations mère-fille, des effets de ces relations sur les rapports amoureux et les relations humaines de façon plus générale. Judith Silberfeld

 

 

mauvais-genreMauvais Genre, Chloé Cruchaudet, Delcourt, 160 p., 18,95. Pour échapper à l'horreur des tranchées, Paul devient déserteur. Louise, son épouse, l'aide à se cacher, mais rapidement Paul ne supporte plus d'être enfermé entre quatre murs. Il découvre alors que déguisé en femme, il peut passer incognito et reprendre une place dans le monde. Paul commence à se travestir et petit à petit s'adapte à sa nouvelle identité sous le nom de Suzanne, un jeu risqué qui va mettre en péril sa relation avec Louise… Une histoire sombre où se nouent des liens troublants entre Louise et Paul, puis Suzanne, où se mêlent l'envie, la complicité, puis la jalousie et enfin la haine et la folie. Chloé Cruchaudet nous plonge tour à tour dans ces tableaux parfois cauchemardesques (les scènes dans les tranchées) mais aussi érotiques (les virées de Suzanne au bois de Boulogne où elle devient une figure incontournable et convoitée). L'auteure de Mauvais Genre saisit avec nuance et subtilité comment la guerre a traumatisé et détruit une génération d'hommes, comment progressivement un glissement s'opère dans le comportement de Paul. Comment Suzanne prend de plus en plus de place dans sa relation avec Louise et comment s'instaure alors un ménage à trois dangereux… jusqu'à une fin forcément brutale, forcément tragique. Adaptée de l'essai La Garçonne et l'Assassin de Fabrice Virgili et Danièle Voldman (réédité chez Payot en mai 2013), Mauvais Genre est une réussite. MLC

 

 

giacomo foscari

Giacomo Forsani, Mari Yamazaki, Rue de Sèvres, 200 p., 12,50€. La sobriété d’un noir et blanc, aussi beau qu’un cerisier japonais en fleur, sied à ce premier tome et au mystère qui entoure Giacomo. Deux prénoms fleurissent: Andrea et Shusuke, comme en écho aux deux pays de Giacomo… À deux amours, aussi? L’Italie, de son enfance et le Japon où il a enseigné… Allers et retours de Venise à Tokyo, mélancolie douce, à peine amère, des souvenirs… L’amour baigne discrètement ces deux prénoms mais qu’en est-il vraiment? Mari Yamazaki donne ici un manga subtil où les sentiments affleurent au rythme d’une narration ponctuée par un stylo, tantôt perdu, tantôt retrouvé: un symbole? Tout est en place: l’attente d’un second tome s’impose. On fait plus que l’espérer... au prochain printemps? Eric Garnier (En partenariat avec Homomicro).

 

 

 

sebastiane ou saint jarmanSebastiane ou saint Jarman, cinéaste queer et martyr, Didier Roth-Bettoni, ErosOnyx, 145 p. + le DVD du film, 26,50€. Découvrir ou redécouvrir Derek Jarman, singulier cinéaste britannique gay, c'est ce que nous invite à faire Didier Roth-Bettoni en prenant appui sur son premier film, Sebastiane. Une œuvre extraordinaire à plus d'un titre: un péplum avec des dialogues en latin, un érotisme gay assumé. Sebastiane, c'est bien sûr l'histoire de ce soldat romain chrétien qui ne veut plus se battre et qui mourra sous les flèches de ses bourreaux. Son martyr a donné lieu à de très nombreuses représentations par les peintres de toutes les époques. C'est tout naturellement que Derek Jarman s'empare de ce sujet, devenu icône homosexuelle. Le livre, très documenté, s'ouvre par un avant-propos passionnant d'Yvan Quintin sur le «vrai» saint Sébastien et les œuvres qu'il a inspirées. Puis Didier Roth-Bettoni nous montre comment tout le projet cinématographique de Jarman, entre Sebastiane en 1976 et Blue, son dernier film réalisé en 1993 peu avant sa mort du sida, a été que les gays se réapproprient leur histoire à travers les œuvres de Shakespeare, Le Caravage ou Benjamin Britten. Un cinéaste militant qui dénonce l'homophobie et tous les pouvoirs (religieux, politique) qui la propagent. Mais aussi un formidable magicien de l'image qui a inspiré tout un pan du cinéma LGBT jusqu'à aujourd'hui. «Chez Jarman, écrit Roth-Bettoni, la puissance du discours (et la majesté de la musique) est sans cesse portée, sublimée, démultipliée par la splendeur plastique de la mise en scène et des images.» Ce que vous pourrez très vite vérifier puisqu'avec le livre vient le film Sebastiane. Préparez-vous à 86 minutes hallucinantes, d'une rare beauté. Christophe Martet

 

 

comment-continuer-a-se-parler-a-s-aimer-a-se-desirer-de-caroline-kruse-957001552_MLComment continuer à se parler, à s'aimer, à se désirer, Caroline Kruse, Marabout, 248 p., 15,90€. Votre couple bat de l'aile mais vous y croyez encore? À l'approche des fêtes, synonymes de réunions de famille, les tensions que l'on pensait maîtrisées ont tendance à s'exacerber. Quand ça ne va pas, qu'on n'arrive plus à se parler ou que le désir s'estompe sans raison apparente, il n'est pas évident pour le couple de trouver seul les solutions. Dans Comment continuer à se parler, à s'aimer, à se désirer, Caroline Kruse propose des pistes pour identifier les problèmes, voire les résoudre. Un premier pas qui peut se prolonger en consultation. Elle-même conseillère conjugale, c'est dans sa pratique qu'elle a puisé les nombreux exemples qui illustrent son propos. Des exemples qu'elle a pris soin de ne pas choisir que dans des couples hétérosexuels car, comme elle l'explique dans son introduction, «si chaque couple est différent des autres parce qu'il est porteur du croisement de deux histoires singulières, les couples homosexuels qui sont venus [la] voir avaient des demandes et des questionnements qui ne se distinguaient absolument pas de ceux des couples de sexes différents». JS

 

 

histoires inavouables ovidieHistoires Inavouables, Ovidie et Jérôme d'Aviau, Delcourt, 104 p., 14,95€. Pour sa première bande dessinée, Ovidie nous offre 10 histoires érotiques, à la fois aventureuses et intimes, parfois drôles et souvent très surprenantes. Des histoires que l'auteure a recueilli autour d'elle, dont certaines sont même issues de sa propre expérience. Osé et divertissant.  MLC

 

 

 

 

 

 

Et toujours disponibles:

Le Débat Pour Tous - mariage contre manif, Martin Zeller et Wandrille, Steinkis, 304 p., 21,50€. L'année 2013 se termine, difficile d'en faire le bilan sans se remémorer ces quelques mois de débats agités qui ont abouti à l'adoption du mariage pour tous. L'album Le Débat Pour tous compile tous ces souvenirs: les bons (les manifs, les yeux pétillants de Christiane Taubira), et les moins bons (des flopées de drapeaux roses et bleus, une excentrique catholique en mal de célébrité)… Un livre avec de vrais morceaux de militants à l'intérieur, mais aussi des tweets, des affiches, des dessins de blogueurs/euses (Silver, Jeromeuh pour ne citer que ceux-là) pour revivre ce grand débat 2.0.

Comme chez toiCarole Maurel, Casterman, 132 p., 16€. C'est l'histoire de Stef, en galère d'appartement et qui se retrouve à squatter tour à tour chez ses copines, une bande de trentenaires hautes en couleurs: Anouk et son jeune fils Loulou, d’une franchise et d’une spontanéité désarmantes, Sophie dont la mère, fraichement divorcée, est revenue s’imposer chez sa fille, Jo la fashionista, Fanny qui vient tout juste de changer de mec… Cet album composé de courtes planches a certes un côté chick-lit au premier abord, mais se révèle largement plus drôle, subtil et relevé que la plupart des albums dits «pour filles».

Justine, Gauthier, Éditions Institut Pacôme, 56 p., 5€. Justine est une jolie prouesse: ce court album réalisé en seulement 3 jours pendant les 5 Jours de la bande dessinée de Strasbourg en 2011 raconte l'histoire de Justin et de son parcours pour devenir l'homme qu'il aspire à être. Un joli trait enfantin pour une histoire grave: la violence de l'école, la dureté des psys… mais aussi le premier amour, une passion pour Cary Grant et, enfin, la transition. Et l'occasion de retrouver avec plaisir les dessins de Gauthier, découvert grâce au blog Yagg L'Androgynie (ce douloureux problème)

Skandalon, Julie Maroh, Glénat, 152 p., 18,50€. Une couverture rouge feu. Quoi de mieux pour trancher avec les mèches de cheveux bleus qui roulaient sur la nuque d'Emma? Le ton est donné, pour celles et ceux qui chercheraient des échos au premier album de Julie Maroh. Skandalon est l'histoire de Tazane, frontman d'un groupe de rock au sommet de sa popularité, encensé par la critique, adulé, vénéré par le public. Dans le deuxième roman graphique de Julie Maroh, les allusions à la mythologie sautent aux yeux, mais aussi celles à d'autres figures d'écorchés vifs: Jim Morrisson, Bertrand Cantat, Kurt Cobain en première ligne.

La Lesbienne Invisible, Océanerosemarie et Sandrine Revel, Delcourt, 112 p., 15,95€. Adapter son spectacle en bande dessinée, a priori, cela peut donc paraître un peu casse-gueule. Mais peut-être qu'Océanerosemarie n'est pas une humoriste comme les autres, car cette adaptation-ci est une vraie réussite. C'est notamment grâce à la dessinatrice Sandrine Revel que le récit de La Lesbienne Invisible s'offre réellement une deuxième vie et une nouvelle lecture. Sans oublier que l'humoriste vient de sortir le DVD du spectacle, disponible chez Outplay.

Docteur Rorschach, Vaïnui de Castelbajac, Delcourt, 14,95€. Tant de monde défile sur le divan de ce bon docteur Rorschach! Pour sa première bande dessinée, Vaïnui de Caltelbajac a décidé de jouer sur les mots et a dessiné les séances de psy et les troubles plus ou moins insolites d'une série de personnages farfelus. Rafraîchissant et terriblement drôle.

Les Gens Normaux, collectif BD Boum, Casterman, 200 p., 16€. Une série de portraits en bande dessinée qui capte formidablement bien la diversité et la richesse de notre communauté. Avec plusieurs textes écrits par Eric Fassin, Louis-Georges Tin ou encore Florence Tamagne sur les familles homoparentales, l'homophobie, la transidentité, l'hétéronormativité.

Bichon. Tome 1: Magie d'amour, David Gilson, Glénat, 48p., 9,99€. Quand ses camarades d'école jouent au foot ou s'amusent à embêter les filles, Bichon, lui, préfère jouer avec sa poupée Princesse Ploum et rêver au gentil bellâtre de l'école, Jean-Marc du CM2. Les lecteurs du magazine Tchô avaient déjà pu découvrir depuis quelques mois les aventures de Bichon et c'est au tour de Glénat de les éditer, au format BD. Difficile de faire plus attachant que ce Bichon (surnom dont l'affuble sa mère devant toute l'école le jour de la rentrée et qui lui colle à la peau), auquel ne manqueront pas de s'identifier les petits comme les grands «garçons sensibles».

La Ligne Droite, Marie Caillon et Hubert, Glénat, 128 p., 22€. Histoire sobre et directe, celle d'un tout jeune breton de bord de mer (au rôle décisif) face à une mère austère et un amour déçu… Force d'une histoire soulignée par un trait net et décidé qui nous inclut pleinement au cœur de planches… qu'on quitte, étreint.e.s!

Guide de survie en milieu sexiste, Galou & Blan, éditions Blandine Lacour, 96 p., 8,50€. Un guide de survie drôle et piquant, véritable poil à gratter du sexisme ordinaire, servi par Galou et Blan, les deux trublions qui se cachent derrière La p'tite Blan (voir ou revoir leur interview pour Yagg). À noter, l'excellente préface signée Virginie Despentes.

La lumière au fond du placard, Gami, Dans l'Engrenage, 104 p., 14€. Un parcours initiatique sur la découverte de son homosexualité servi par le trait bleuté de Gami. Un premier album drôle et poétique, prolongement de son blog Yagg.

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Co-fondateur de Yagg. Rédacteur en chef. Photo. Comédies musicales. Harvey Fierstein. These are a few of my favorite things.
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