Les deux membres du groupe punk-féministe Pussy Riot peuvent-elles espérer retrouver la liberté avant mars 2014? C’est en tout cas ce que laisse penser la décision de la Cour suprême de Russie, qui a ordonné le réexamen de leur condamnation à deux ans d’enfermement en camp de travail pour hooliganisme et incitation à la haine religieuse.

COMMENT LES FILLES DE PUSSY RIOT ONT DÉFIÉ VLADIMIR POUTINE
En février 2012, le collectif avait entonné une prière punk dans l’enceinte de la cathédrale du Christ Saint-Sauveur pour protester contre la politique de Vladimir Poutine et le soutien apporté par le chef de l’Église orthodoxe, le patriarche Kirill. Deux membres présumées du groupe avaient été arrêtées, Maria Alekhina et Nadezkda «Nadia» Tolokonnikova, puis une troisième Ekaterina Samoussevitch. Audiences reportées, détention prolongée, mobilisation internationale croissante, les trois jeunes femmes avaient été finalement condamnées le 17 août 2012. Si Ekaterina Samoussevitch a bénéficié d’un sursis, les deux autres membres de Pussy Riot sont depuis bientôt un an et demi enfermées dans des conditions de détention particulièrement difficiles.

LE VERDICT DE LA COUR SUPRÊME
La Cour Suprême de Russie a estimé que si le motif de la haine religieuse avait été prouvé, celui de la haine contre un groupe social ne l’avait pas été. De plus, la cour qui a condamné les trois femmes n’a pas tenu compte de la possibilité de retarder la sentence, ni de l’absence de circonstances aggravantes et la présence de plusieurs circonstances atténuantes: le fait qu’elles soient jeunes mamans, leur jeune âge, ou encore le fait que leur action ait été non-violente. Enfin, la cour aurait établi la peine de Nadezhda Tolokonnikova à partir du 4 mars, alors qu’elle aurait été placée en détention le jour précédent.

BIENTÔT AMNISTIÉES?
Cette décision de la Cour Suprême intervient juste après la signature d’un projet de loi d’amnistie par Vladimir Poutine. Sont concernées les personnes condamnées pour des faits mineurs. En prison pour hooliganisme, les deux membres de Pussy Riot pourraient donc bénéficier de cette amnistie. À deux mois des Jeux olympiques de Sotchi, difficile de ne pas penser que cette mesure vise en partie à redorer l’image peu reluisante de la Russie sur les questions de droits humains.

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