L’année du mariage pour tous a été très riche en films s’intéressant aux thématiques LGBT ou aux questions du genre. Jugez plutôt: L’Inconnu du lac, La Vie d’Adèle, Les Rencontres d’après-minuit, Les Garçons et Guillaume, à table!, côté cinéma français, Ma vie avec Liberace ou les films indés comme I want your love de Travis Mathews ou Interior. Leather Bar. co-réalisé avec James Franco. L’année 2014 ne sera pas en reste. Quels seront les événements cinéma qui marqueront la première partie de l’année?
Comme pour donner un signal de belle année cinéma sur les thématiques qui nous intéressent, le 1er janvier verra la sortie du film récompensé par le Teddy Award lors du dernier festival de Berlin et par le Prix du Jury à Chéris-chéries Aime et fais ce que tu veux  (In the Name of…), un film polonais qui suit les émois et les doutes d’un prêtre confronté au désir pour un des jeunes adultes du foyer dans lequel il travaille. Yagg et Gaumont Opéra programment d’ailleurs ce film en avant-première le 19 décembre.

Et c’est encore ce 1er janvier que l’on pourra découvrir la première partie de l’archi buzzé et hyper attendu Nymphomaniac de Lars Von Trier qui se lance dans le récit de la vie sexuelle d’une certaine Joe. Il faudra attendre la fin du mois pour découvrir la seconde partie de ce film dont on ne sait toujours pas vraiment s’il sera érotique ou carrément pornographique (sortie le 20 janvier).

LA BATAILLE DES «SAINT-LAURENT»
Un autre suspens en deux opus commencera dès le 8 janvier avec la sortie du premier biopic consacré à YSL, Yves Saint Laurent de Jalil Lespert avec Pierre Niney dans le rôle-titre du grand créateur. Cette version bénéficie du soutien officiel de Pierre Bergé, compagnon du couturier et qui est interprété dans le film par Guillaume Gallienne. Une avant-première Gaumont Yagg, en présence du réalisateur, est programmé pour le 7 janvier. Il faudra attendre le 14 mai pour découvrir Saint Laurent, la version plus iconoclaste de Bertrand Bonello dans laquelle Saint Laurent est incarné par Gaspard Ulliel.

Côté icône, on est également très impatient de découvrir ce que le duo de cinéastes Epstein-Friedman, qui avait refait vivre le procès d’Allan Ginsberg dans Howl, vont proposer dans leur biopic très seventies de Linda Lovelace, star du X découverte dans Deep Throat (Gorge Profonde) qui devint une militante anti-pornographie et qui est incarnée dans le film Lovelace par Amanda Seyfried (sortie le 8 janvier).

Si on reste un peu dubitatif devant la bande-annonce du nouveau film du réalisateur des Beaux gosses, Riad Sattouf, on est quand même très intriguée par son Jacky au royaume des filles dont l’action se situe dans la République démocratique de Bubunne dans laquelle les femmes trustent les responsabilités tandis que les hommes restent au foyer et sont voilés (!). Le personnage de Vincent Lacoste, révélé par Les Beaux Gosses, va aller jusqu’à se travestir pour essayer d’approcher et de séduire la «colonelle» interprétée par Charlotte Gainsbourg (sortie le 29 janvier).

DEUX FOIS XAVIER DOLAN
Le 29 janvier, notre curiosité sera forcément attisée par Dallas Buyers Club, nouveau film du canadien Jean-Marc Vallée qui nous a un peu déçu.e.s depuis son sublime C.R.A.Z.Y. en 1995. Le film s’appuie sur des faits réels et retrace le parcours d’un électricien séropositif et homophobe (Matthew McConaughey, un des favoris pour l’Oscar grâce à ce rôle) qui monte un trafic de médicaments pour soulager sa douleur et devra notamment s’allier à une trans’ (Jared Leto, favori également pour l’Oscar de second rôle).

Si février s’annonce calme, il mettra à l’honneur le premier long métrage de fiction d’Anna Margarita Albelo (dite La Chocha), Qui a peur de Vagina Wolf?, dans lequel une quadra remet sa vie à plat et se lance dans un remake lesbien de Qui a peur de Virginia Wolf? (sortie le 5 février).

La période de début mars à début avril sera une sorte de «printemps du cinéma gay» qui s’ouvrira avec une jolie romance entre un jeune CRS allemand marié et en instance de paternité et son nouveau collègue dans En chute libre (le 5 mars). Suivra le nouveau Xavier Dolan, Tom à la ferme, (annoncé pour le 12 mars), dans lequel le cinéaste (blond, mini-vague pour l’occasion) interprète un jeune homme qui part dans la famille paysanne de son petit ami décédé alors que personne ne sait qui il est. Un film qui semble en rupture avec les précédents opus du jeune surdoué québécois: plus sombre, plus dur aussi. Entre temps, Dolan a déjà réalisé son nouveau film sur les rapports mère-fils, Mommy, dans lequel on retrouvera Anne Dorval, l’une de ses actrices fétiches, idole des fans du Cœur a ses raisons. Le film pourrait, sait-on jamais, être présenté à Cannes.

EASTERN BOYS, FILM (GAY) FRANÇAIS DE L’ANNÉE?
Bruce LaBruce, de son côté proposera son premier film «mainstream», une sublime comédie romantique teintée d’ironie et de tendresse qui nous raconte la belle histoire d’un jeune homme de 18 ans (le très photogénique Pier-Gabriel Lajoie déjà «it-boyisé» par Gus Van Sant dans une série de mode pour le GQ anglais) avec un vieil homme de 81 ans: Gérontophilia sortira le 2 avril alors qu’entretemps, LaBruce aura déjà présenté sa nouvelle réalisation, Pierrot Lunaire, au Festival de Berlin en février.

Le français Robin Campillo (dont le film Les Revenants a inspiré la série éponyme de Canal+) propose le 19 mars Eastern Boys, un film sur la rencontre entre un quinqua parisien et un jeune garçon de l’Est à la Gare du Nord. Le film est précédé d’une rumeur plus qu’élogieuse et pourrait être le film (gay) français de l’année.

Enfin, le 7 mai est signalée la sortie du joli portrait crypto-lesbien d’une jeune québécoise accro au sport, Sarah préfère la course, découvert à Cannes presque un an plus tôt.