Lors d’une réunion hier, mardi 10 décembre, au siège suisse du Comité international olympique (CIO), le président de l’organisation Thomas Bach a annoncé qu’un accord a été trouvé avec les autorités russes pour qu’un espace soit dédié aux manifestations pendant les Jeux de Sotchi, alors même que Vladimir Poutine avait publié un décret interdisant tout rassemblement. L’emplacement de cet espace n’a toutefois pas été précisé, rapporte FranceTV Sport.

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«À Sotchi, il y aura désormais des « espaces de protestation ». Les personnes qui souhaitent donner leur opinion, manifester pour ou contre quelque chose en auront l’opportunité dans ces espaces spéciaux.»

Le président du CIO a toutefois recommandé aux athlètes de ne pas prendre part à des actions politiques:

«En tant qu’athlète, on ne souhaite pas être mêlé à des controverses politiques aux Jeux. Par ma propre expérience, je sais que c’est crucial.»

Thomas Bach a remporté une médaille d’or au fleuret par équipe en 1976 pour l’Allemagne de l’Ouest. Il prévoit de faire parvenir une lettre aux athlètes rappelant la règle 50 de la Charte olympique, dont l’alinéa 3 prohibe toute forme de «démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale». «Le but est de protéger les athlètes», s’est-il expliqué auprès de l’agence Associated Press. Le non-respect de la Charte par les athlètes peut entraîner des sanctions, mais la règle sera «interprétée et appliquée avec sensibilité et dans de justes proportions», a-t-il promis avant d’indiquer que les décisions seront prises au cas par cas.

«POLITIQUE DE L’AUTRUCHE»
La championne de tennis lesbienne Martina Navratilova a critiqué la position timorée du CIO lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU où elle était présente pour un débat sur l’homophobie dans le sport.

«Je suis déçue que le CIO ait choisi d’adopter la politique de l’autruche et de ne pas faire de vagues. Franchement, [il] devrait soutenir davantage ses athlètes.»

Elle a également mentionné le Qatar où doit avoir lieu la Coupe du monde de football en 2022 et qui réprime par des peines de prison toute «activité homosexuelle». Présent à l’ONU pour les mêmes raisons, le basketteur gay Jason Collins a invité le CIO et la FIFA à s’interroger sur les pays avec lesquels ces organisations souhaitent s’associer et leur a conseillé de ne pas choisir «un gouvernement qui opprime son propre peuple».