Le procès d’Arnaud Gijbels s’est ouvert lundi à Besançon. Il est accusé du meurtre du patron du Café du Théâtre Pascal Legal, qui était ouvertement gay, en novembre 2011. Le jeune homme n’est pas seul dans le box des accusés. À ses côtés, Marouane Chkarmi est jugé pour proxénétisme.

RAPPEL DES FAITS
Le 14 novembre 2011, le corps de Pascal Legal a été retrouvé à son domicile, criblé de 99 coups de couteau. Plusieurs objets personnels avaient disparu. Une semaine après le meurtre, un jeune homme Arnaud Gijbels, alors âgé de 22 ans, a été placé en garde à vue et écroué. Il avait rendez-vous avec la victime le soir du meurtre. Le jeune homme a alors déclaré avoir voulu se venger du viol que lui aurait fait subir le patron du Café du Théâtre. Placé en garde à vue au même moment, Marouane Chkarmi aurait présenté à plusieurs reprises des hommes à Pascal Legal, dont Arnaud Gijbels.

PREMIÈRE JOURNÉE D’AUDIENCE
Concernant le viol dont Arnaud Gijbels accuse la victime, le doute persiste: «« On n’a que les déclarations de Mr Gijbels sur le fait qu’il aurait été abusé, a remarqué le policier Christophe Milan, cité par France 3 Franche-Comté. Il ne s’est confié sur ce sujet à personne… Quant aux partenaires sexuels de Pascal Legal, on ne nous a pas rapporté d’éléments comme quoi il aurait abusé d’eux.» L’avocat de Marouane Chkarmi rappelle que le meurtrier présumé a dérobé de nombreux objets et s’est servi de la carte bancaire de Pascal Legal juste après le meurtre. Pour lui, il s’agit d’un crime avant tout «crapuleux et sadique». Arnaud Gijbels a admis être hétérosexuel et n’avoir eu de relations sexuelles avec d’autres hommes que pour l’argent. Malgré son désir de vengeance, il nie toute préméditation et affirme n’avoir jamais voulu tuer Pascal Legal.

L’ACCUSATION DE PROXÉNÉTISME
Hier, une dizaine de jeunes hommes ont témoigné. Ils ont affirmé avoir eu des relations sexuelles tarifées avec la victime, relations organisées par Marouane Chkarmi, qui est aussi l’ancien amant de Pascal Legal. Marouane Chkarmi affirme cependant être seulement l’entremetteur de ces rencontres, même si certains témoins déclarent l’avoir vu toucher de l’argent de la part de Pascal Legal et assister à certains des rendez-vous: «Je ne suis pas une agence d’intérim ou un pôle emploi pour des gens qui voulaient des relations, a déclaré l’accusé de proxénétisme. Chacun était libre de ses choix. M. Legal était très généreux, j’ai accepté ses rétributions deux fois… J’allais souvent au bar où Pascal Legal me sollicitait. Rien n’était imposé.» La petite amie du meurtrier présumé est aussi venue témoigner à la barre. Elle a affirmé qu’Arnaud Gijbels est quelqu’un de calme et qu’un tel accès de violence avait dû être déclenché par «quelque chose».

Lire les compte-rendu de l’audience du lundi 9 décembre et du mardi 10 décembre sur le site de France 3 Franche-Comté.

Ce matin, le profil psychologique d’Arnaud Gijbels a été dressé. D’après les médecins, le jeune homme n’est ni malade mental, ni psychopathe. Le procès se poursuivra jusqu’au vendredi 13 décembre.

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