Il a fallu plusieurs heures de débat houleux pour que le ministère de la Santé taïwanais accepte de revenir sur les règles qui encadrent le changement légal d’état civil des personnes trans’. Celles-ci doivent pour l’instant obtenir l’approbation de deux psychiatres et être opérées. Le directeur du Département ministériel sur la santé mentale et orale Chen Kuai-lo a expliqué ce lundi 9 décembre que cette avancée avait été dictée par la volonté de respecter les droits humains, rapporte le Taipei Times.

«Nous sommes parvenus à la conclusion que les exigences instaurées pour satisfaire les prérequis médicaux devaient être abandonnées. Les valeurs liées aux droits humains étant devenues une priorité pour le gouvernement, nous estimons qu’il est temps de changer et de respecter la volonté d’une personne souhaitant changer de genre.»

Lors de la discussion, un psychiatre s’est opposé à la mesure en assurant qu’un tiers des trans’  regrette l’opération de changement de sexe et que deux suicides de trans’ après leur opération avaient été recensés. Mais Yeh Ju-ying, de l’Association des sœurs transgenres du nord de Taïwan, a répliqué en assurant que ces personnes ne sont pas donné la mort en raison de leurs opérations chirurgicales, mais parce qu’elles étaient rejetées par la société. «Nous ne demandons pas des privilèges spéciaux, nous voulons juste que le gouvernement cesse au moins d’exiger la chirurgie pour obtenir un changement de genre sur les papiers d’identité», a-t-elle indiqué.

Le ministère de l’Intérieur, qui a la main sur les questions liées à l’état civil, a annoncé qu’il examinerait la demande du ministère de la Santé.