Depuis l’officialisation hier, dimanche 8 décembre, de l’absence du président de la République d’Allemagne lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi, la question est sur toutes les lèvres: Joachim Gauck boycotte-il les JO russes ou la raison est-elle plus anodine? Le quotidien britannique The Guardian, notamment, évoque une réaction aux violations des droits humains par la Russie, le passé de militant des droits humains du président Gauck et les désaccords de fond qui l’opposent à son homologue russe Vladimir Poutine, qui œuvre pour la réhabilitation du KGB alors que Joachim Gauck est l’un des artisans de la dissolution de la Stasi.

De son côté, une porte-parole du président, citée par le site allemand DW, a précisé qu’il ne s’agit pas d’une prise de position de l’Allemagne, dont l’équipe prendra bien part aux Jeux. Le prédécesseur de Joachim Gauck Horst Köhler, n’avait pas non plus assisté à la cérémonie d’ouverture des Jeux de Vancouver, en 2010, dans un contexte totalement différent.

Pour le secrétaire général du Comité olympique allemand (DOSB), Michael Vesper, «ce n’est pas parce qu’une personne ne se rend pas quelque part qu’il s’agit d’un boycott. À notre connaissance, il n’a jamais été question que M. Gauck se rende à Sotchi.» DW cite également Markus Löning, le commissaire aux droits humains du gouvernement allemand, selon lequel «c’est un geste merveilleux pour les citoyen.ne.s russes, qui se battent pour la liberté d’expression, la démocratie et les droits des citoyen.ne.s», tandis que la députée verte Claudia Roth a salué «une position forte» et «un signal encourageant».

DW souligne que la présence ou non de la chancelière Angela Merkel à Sotchi n’a pas encore été annoncée. Selon un porte-parole du gouvernement, ce sera décidé plus tard. Angela Merkel est opposée à un boycott, de même que le Premier ministre britannique David Cameron, le président des États-Unis Barack Obama ou la ministre française des Sports Valérie Fourneyron.

Photo Michael Lucan