Dans un communiqué publié ce jour, le Mag Jeunes LGBT, qui intervient depuis douze ans dans des établissements scolaires, exprime son «inquiétude en apprenant que Philippe Ariño, auteur connu et controversé de L’Homosexualité en vérité, tient des conférences au sein des lycées». Lors d’une visite au lycée privé catholique Blanche de Castille de Nantes, celui qui se décrit comme un «intellectuel» homosexuel a abordé plusieurs points. Dans une conférence sur l’accueil de la personne homosexuelle, l’essayiste a traité plusieurs questions comme «Mon jeune fils de 8 ans n’aime pas les jeux de garçons et commence à se déguiser en princesse. Quelle attitude adopter?» ou «Ma jeune fille, lycéenne de 16 ans, ne comprend pas pourquoi je m’oppose à la pratique homo et me trouve intolérant (d’ailleurs, elle prétend connaître des amis homos dans son entourage, et franchement, ils sont « trop sympas »)». Autant d’interrogations «imprégnées de jugements et d’affects stigmatisant les personnes LGBT», d’après le Mag, qui ajoute:

«Ces questions ne s’intéressent ni au bien-être ni à l’acceptation des personnes LGBT et laissent croire que le regard négatif ou hostile sur l’homosexualité ou l’homoparentalité est une simple opinion anodine. En effet, elles ne s’orientent en rien à rassurer les enfants LGBT (tout comme leurs parents), elles consistent davantage à apprendre à celles/ceux qui les rejettent comment mieux s’armer et se défendre face aux accusations d’homophobie, biphobie ou transphobie. Si cette personne s’adresse ainsi à des parents, qu’imaginer lorsqu’elle s’adresse à des enfants?

Nous ne pouvons que conseiller aux établissements scolaires, privés comme publics, de s’orienter vers des associations expérimentées et agrées qui luttent contre les LGBTphobies et se tiennent à leur disposition plutôt que de faire intervenir des particuliers au discours inadapté à un public adolescent en vue d’un projet de mieux vivre ensemble.»

Déjà en janvier dernier, Philippe Ariño était intervenu dans plusieurs établissements scolaires autour du thème du mariage pour tous, alors que les premiers débats allaient avoir lieu à l’Assemblée Nationale.