Le 27 novembre dernier, les trois hommes accusés de l’attaque du bar gay lillois Vice & Versa ont été condamnés à des peines de six mois de prison avec sursis. Le caractère homophobe de l’agression n’a pas été retenu par le tribunal correctionnel (lire Attaque du Vice & Versa à Lille: le caractère homophobe n’est pas retenu).

Le SNEG & Co rappelle pourtant, dans un communiqué, que «la plus grosse partie des débats, à l’audience du 4 septembre 2013, avait durant plusieurs heures, été consacrée aux injures homophobes et que de nombreux témoignages avaient confirmé le contexte de violence homophobe de l’agression du bar».

Le syndicat des entreprises LGBT, qui se dit «consterné par ce jugement expéditif», «espère vivement que le Parquet interjettera appel».

«L’explication de cette décision consternante serait liée à la procédure mal engagée par le Ministère public, qui a conduit notamment à procéder à trois renvois devant le tribunal avant que l’affaire puisse être évoquée, souligne le communiqué. En effet, en dépit des témoignages accablants, les trois hommes comparaissaient pour répondre d’actes de violences sans la circonstance aggravante liée à l’homophobie.»

«La vigilance doit rester essentielle et les victimes doivent prêter une attention particulière à la procédure qu’ils engagent au moment de leur plainte afin de ne pas se retrouver, comme pour le cas du Vice & Versa de Lille, dans une situation de frustration légitime avec le sentiment que l’impunité pourrait être accordée aux agresseurs homophobes», conclut le SNEG & Co, qui s’était porté partie civile aux côtés de son adhérent.

Photo France 3