Dimanche 1er décembre, 64,85% des Croates ont répondu favorablement à la question suivante, posée par référendum: «Le mariage doit-il être défini par la Constitution comme l’union entre un homme et une femme?». C’est l’organisation U ime obitelji («Au nom de la famille») qui est à l’origine de cette consultation. La législation croate prévoit en effet qu’un référendum peut être demandé si une ou plusieurs organisations parviennent à recueillir au moins 300000 signatures de citoyen.ne.s. Sur la question de la définition constitutionnelle du mariage, Au nom de la famille est parvenue à rassembler plus de 700000 signatures.

LE GOUVERNEMENT FAVORABLE À L’AMÉLIORATION DES PARTENARIATS CIVILS
Les politiques, dont le président croate Ivo Josipovic, ont tenté de s’opposer à la tenue du référendum, et ont appelé à un vote de tolérance. Le Premier ministre Zoran Milanovic s’est néanmoins montré positif malgré sa déception à la sortie du bureau de vote: «Ce référendum est triste et inutile. Déjà la semaine prochaine et la semaine qui suivra, nous avions prévu de discuter d’une loi sur les partenariats de vie commune. Il n’y aura donc pas de conséquences négatives de ce point de vue. Le nouvelle loi n’apportera que des changements positifs. J’espère vraiment que c’est la dernière fois que nous avons un référendum de ce genre.» Néanmoins, la question des partenariats, telle que le gouvernement souhaite l’étudier aujourd’hui, ne comprend pas l’ouverture de l’adoption.

LE POUVOIR DE L’ÉGLISE INQUIÈTE
Entrée cet été dans l’Union européenne, la Croatie, dont la population atteint 4,4 millions d’habitant.e.s, est un pays très majoritairement catholique, où l’Église jouit toujours d’une forte influence. Interviewé par Yagg en mai dernier, Zvonimir Dobrovic, président de l’association LGBT Domino, avait déjà fait part de son inquiétude face à la pression constante des groupes religieux sur les questions d’égalité des droits entre homos et hétéros, mais aussi concernant l’égalité homme/femme ou l’éducation sexuelle. «Nous sommes sérieusement préoccupé.e.s par le fait que des opposant.e.s à l’égalité pour tou.t.e.s sont en train d’utiliser des outils démocratiques pour imposer le point de vue de la majorité aux droits des groupes minoritaires, a déclaré Gabi Calleja, co-présidente du conseil d’administration de l’Ilga-Europe. Nous croyons que les droits humains et les questions concernant les groupes minoritaires ne peuvent et ne devraient pas être soumis au vote populaire en premier lieu. Dans une démocratie, les élu.e.s ont clairement une responsabilité de sauvegarder les droits humains de chacun.e et ne doivent pas autoriser que des outils démocratiques soient utilisés pour restreindre les droits des minorités.»

À la veille du référendum, samedi, plusieurs centaines manifestant.e.s ont marché dans les rues de Zagreb pour protester contre le vote:

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