Vendredi 22 novembre, le nouveau président de l’association du Festival de films gays et lesbiens de Paris (la FFGLP, qui organise le festival Chéries-chéris) a été élu. Il s’agit de Laurent Bocahut (photo). Ce producteur et réalisateur fait partie de ceux et celles qui ont participé au lancement du festival en 1994.

UNE ELECTION ILLÉGITIME?
A peine officialisée, l’élection, qui s’est déroulée dans un climat houleux, est remise en cause par Pascale Ourbih, élue présidente en 2008. Pour elle, le vote contrevient aux statuts de l’association et est par conséquent illégal. Contactée par Yagg, elle a fait part de sa volonté de réunir des preuves et de saisir la justice et se considère toujours comme la présidente du festival Chéries-chéris et de l’association FFGLP.

DE NOUVELLES ORIENTATIONS POUR LE FESTIVAL
Malgré la polémique, le président fraîchement élu sait déjà ce qu’il souhaite apporter à l’association, et notamment élargir le conseil d’administration et réouvrir l’association à de nouveaux membres. L’élection a eu lieu alors que se profilent déjà les 20 ans de l’association. «Nous allons faire une programmation en conséquence», assure Laurent Bocahut à Yagg. Ili souhaite que le festival s’étende cette fois-ci sur deux week-ends et une semaine, mais aussi que d’autres événements aient lieu pendant l’année. «Nous souhaitons aussi aller au-delà du périphérique et faire des projections hors de Paris, afin de prendre place en Ile-de-France.» Enfin, l’association a aussi l’ambition de travailler avec d’autres festivals, comme ceux de Bruxelles et Montréal.

UN FESTIVAL QUI APPARTIENT A LA COMMUNAUTÉ
Laurent Bocahut voudrait aussi renouer avec le fonctionnement initial de l’organisation du festival: «D’un côté l’association et son conseil d’administration, de l’autre le festival avec son équipe organisatrice. Ces dernières années, il y avait une collusion entre les deux. Désormais, il me paraît important de revenir à une distinction entre ces deux pôles». Le président a enfin l’intention d’endosser un rôle de président plus en retrait: «Il est important que ce festival n’appartienne à personne, et qu’il ne soit pas personnifié, mais au contraire qu’il appartienne à l’ensemble de la communauté.»

Reste à savoir si l’élection s’est faite dans le respect des statuts. A suivre.

Photos Laurent Bocahut / Xavier Héraud (Pascale Ourbih)