Samedi dernier, dans la ville de Leipzig en Allemagne, se tenait une conférence «pour la souveraineté», organisée par le magazine Compact, un mensuel populiste. L’événement avait pour thème «Pour l’avenir de la famille!» et s’est attaqué à différents domaines, tels que «l’opposition à la famille», «la chute de la natalité» et «la ré-éducation sexuelle». Environ 200 contre-manifestant.e.s, dont certain.e.s issu.e.s d’associations LGBT, ont fait le déplacement pour montrer leur opposition à la venue de plusieurs des intervenant.e.s. Ils et elles n’ont pas hésité à bloquer l’entrée dans le bâtiment où se tenait la conférence, puis à taper sur les parois et à crier leur mécontentement depuis l’extérieur du lieu où se tenait de la conférence de Compact.

ELENA MIZULINA ET SA «PETITE LOI INSIGNIFIANTE»
En tant que présidente de la commission des affaires familiales à la Douma et étant à l’origine de la loi interdisant la «promotion des relations sexuelles non traditionnelles», Elena Mizulina était invitée à cette table-ronde. Venue au débat de Compact pour défendre la démocratie, selon ses dires, elle a critiqué la «guerre idéologique» menée contre la Russie en raison d’une «petite loi insignifiante». Elle a aussi affirmé qu’aucun.e militant.e LGBT n’avait été victime de violence policière lors de manifestations, puisqu’ils/elles sont au contraire bien protégé.e.s. Durant le discours de la parlementaire russe, Vanya Kilber, un militant LGBT de l’association allemande des LGBT russes Quarteera, a fait irruption devant l’estrade en brandissant les mains tâchées de rouge un drapeau arc-en-ciel (photo). Un geste symbolisant les conséquences de la loi criminelle promulguée par Vladimir Poutine. «Mizulina a le sang des jeunes gays et lesbiennes sur ses mains», a clamé Vanya Kilber.

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Publié sur Slon.ru, un article met en lumière les connections entre Elena Mizulina et des groupes de lobbying protestants conservateurs qui agissent aussi dans plusieurs pays comme la Serbie ou l’Ouganda, contre la «propagande» homosexuelle, comme un mal venu de l’Occident. Parmi les autres invité.e.s de la conférence, Olga Batalina, elle aussi députée et vice-présidente de la commission des affaires familiales de la Douma, s’est étonnée qu’aucun.e parlementaire allemand.e n’ait pris part à cette rencontre, alors que tous les partis russes sont unis dans la lutte pour la famille. «Nous allons protéger notre peuple», a-t-elle déclaré.

QUAND BÉATRICE BOURGES APPELLE AU «PRINTEMPS ALLEMAND»
Une autre figure anti-égalité avait fait le déplacement jusqu’à Leipzig, de France cette fois-ci: il s’agissait de Béatrice Bourges. L’actuelle porte-parole du Printemps français a raconté avoir provoqué un «véritable soulèvement populaire» et a mentionné la «violence symbolique» et le «déni de démocratie» dont ont fait preuve, selon elle, les membres du gouvernement au moment des débats sur le mariage pour tous. Critiquant au passage le mouvement LGBT («esclave des marchés mondiaux» et responsable de la «destruction de la société»), Béatrice Bourges a assuré la force de son mouvement et a rappelé le concept de la «désobéissance civile». «À quand le printemps allemand?» a-t-elle demandé à l’assistance, qui l’a applaudie pendant deux minutes à la fin de son intervention.

Lire (en allemand) l’intégralité du compte-rendu de la conférence de Compact par Queer.de.