Certes, la loi russe interdit la «propagande homosexuelle» auprès des mineur.e.s, mais ce n’est pas une raison pour qu’un «torrent de haine» se déverse sur qui que ce soit, pas même sur les «personnes qui ont une orientation sexuelle non-traditionnelle», a affirmé Vladimir Poutine mercredi, lors d’une rencontre avec les représentants des partis non parlementaires.

Ces déclarations, rapportées par Al Jazeera, viennent s’ajouter à celles du ministre des Sports russe, Vitaly Mutko, qui reconnaissait il y a quelques jours qu’il aurait pu être plus prudent d’attendre que les Jeux olympiques soient passés avant d’adopter la loi. «On aurait pu prévoir l’impact que cela allait causer à l’Ouest, surtout à l’approche des Jeux de Sotchi, a-t-il affirmé à l’agence de presse RBC. Peut-être les autorités auraient-elles dû attendre un peu. La réaction de l’Ouest fait partie de la relation à notre pays. La Russie prend de l’ampleur dans tous les domaines, y compris en sport. Personne ne veut cela. Ils préféraient quand nous étions faibles.»

Si la Russie tente de se présenter en victime, sa puissance ne fait néanmoins de doute pour personne, et surtout pas pour les sponsors des Jeux qui, par conviction ou par peur de perdre un marché économique alléchant, font preuve d’une grande timidité à condamner la loi russe.

Human Rights Watch (HRW) a sollicité les 10 entreprises qui participent au programme «The Olympic Partner» (TOP). Ces Top Sponsors sont Atos, Coca-Cola, Dow Chemical, General Electric, McDonald’s, Omega, Panasonic, Procter & Gamble, Samsung et Visa, auxquels s’ajoute NBC, qui diffusera les Jeux aux États-Unis. À ce jour, huit d’entre elles ont répondu aux courriers de Human Rights Watch, et trois – Coca-Cola, Dow, GE ainsi que NBC – ont également accepté de rencontrer les représentant.e.s de l’organisation. Seuls Atos et Visa n’ont pas répondu.

Dans sa lettre datée du 1er novembre, Coca-Cola rappelle son engagement envers la communauté LGBT, tel qu’exprimé sur son site, mais se réfugie derrière le Comité international olympique (CIO). De même pour McDonald’s ou Panasonic, qui, tout en affirmant leur refus des discriminations, expliquent être sur la même ligne que le CIO.

«Aucun des sponsors contactés par Human Rights Watch n’a convenu d’exhorter le CIO à demander à la Russie d’abroger la loi de « propagande », souligne HRW. En outre, aucun sponsor n’a émis de déclaration publique faisant savoir sans équivoque aux autorités russes qu’elles se doivent d’observer la Charte olympique.»

«On ne peut pas soutenir les personnes lesbiennes, gays, bi et trans’ quand c’est facile et rester silencieux là où elles en ont le plus besoin», renchérit All Out, qui a lancé une campagne ciblant Coca-Cola.

Photo Presidential Press and Information Office