En 1994, quatre lesbiennes, surnommées «les 4 de San Antonio», ont été placées en détention avant d’être condamnées à de lourdes peines de prison au Texas pour avoir agressé sexuellement deux fillettes de 7 et 9 ans. La pédiatre qui a réalisé l’expertise lors du procès avait fait état de pratiques sataniques décelées grâce aux traces sur les corps des deux enfants. À l’audience, celles-ci avaient indiqué que les quatre femmes, dont l’une est leur tante, les avaient brutalisées.

LESBOPHOBIE
Les quatre lesbiennes ont toujours clamé leur innocence, mais la paranoïa de l’époque autour des cultes sataniques et les préjugés à l’encontre des lesbiennes, perçues comme de potentielles pédophiles, ont eu raison de leurs dénégations. La tante des fillettes a été condamnée à 35 ans de prison, les trois autres à 15. Leur dossier a été réexaminé en 2008 par une association qui se penche sur les cas où la justice a rendu des décisions douteuses.

Ce n’est que ce lundi 18 novembre, qu’un tribunal les a libérées, en admettant que les témoignages recueillis à leur encontre manquaient de vraisemblance et n’auraient pas été recevables aujourd’hui. Pour leur avocat, la lesbophobie a joué un rôle crucial dans la décision rendue en 1994: «Les gens se sont dit: « Si elles sont homosexuelles, elles sont capables de tout. Elles ne sont pas comme nous. »»

«ON N’EN A JAMAIS VOULU AUX FILLETTES»
Depuis, une des deux fillettes a retiré son témoignage et la pédiatre a concédé que ses conclusions ont été rendues «sans certitude médicale». L’une des quatre femmes emprisonnées avait été placée sous liberté conditionnelle en 2012, après 13 ans derrière les barreaux. Elle a l’interdiction formelle d’approcher un lieu public où se trouvent des enfants (écoles, églises, aires de jeux,…). Elle s’est réjouie de la libération de ses trois amies et attend impatiemment qu’un nouveau procès débute pour qu’elles puissent être blanchies.

«C’est une énorme injustice car on nous a volé tant d’années de nos vies. J’étais en colère, j’étais choquée, je n’y croyais pas. Mais en fait, je crois qu’on n’en a jamais voulu aux fillettes.»

Si elles gagnent finalement le procès, elles pourront être indemnisées par l’État du Texas pour les avoir emprisonnées à tort. Elles étaient toutes âgées d’une vingtaine d’années au moment de leur incarcération. À lire (en anglais) sur le Huffington Post et Kens5.