Assise à bord d’un TGV Lyon-Paris le 31 mai, une jeune trans’ a présenté son billet à un contrôleur de la SNCF. Comme l’impose le système de réservation en ligne, elle avait dû renseigner son nom et son prénom. Des informations qui figurent sur ses documents d’état civil. Mais à l’époque, ses papiers n’étaient pas conformes à son identité. Et alors qu’elle est une femme, ses papiers indiquaient qu’elle est un homme. Pour le contrôleur, elle a fraudé et utilisé le titre de transport d’une autre personne. Il lui a donc demandé de payer une amende de 135 euros, en plus d’un billet correspondant au prix du trajet en plein tarif, soit 227 euros en tout.

Le reçu qu’on lui a remis détaille les motivations de la sanction:

«Cette personne se présente avec un titre et une carte nationale d’identité valables mais cette dernière se présente physiquement vêtue en dame. Cette dame s’appelle Mr…»

Photos du reçu de l’amende et du e-billet de la voyageuse:

sncf trans'

«Pour ne pas faire de vagues, elle a payé directement dans le train», raconte aujourd’hui à Yagg son amie Marie Furic, présidente de l’association AcronymeS, qui a rendu cette histoire publique avec un tweet:

https://twitter.com/FuricMarie/status/403097242166243329/

Après cet épisode humiliant, la voyageuse s’est rendue au guichet. Sa réclamation a été acceptée et elle a été remboursée trois semaines plus tard. L’agent présent au guichet lui a par ailleurs présenté des excuses à titre privé. Depuis lors, un tribunal de grande instance lui a permis de changer de prénom sur ses papiers d’identité.

Dans un long tweet, la SNCF a livré quelques explications:

Comme nous l’indiquions et après avoir obtenu des précisions, la cliente du TGV 6618 Lyon > Paris du 31 mai 2013, était en possession d’un e-billet nominatif. Ses conditions d’utilisation précisent, notamment, qu’une pièce d’identité peut être nécessaire lors du contrôle.
Dans ce contexte, le chef de bord a donc demandé la pièce d’identité et procédé à la régularisation. Toutefois, compte tenu de la situation et de la bonne foi évidente de la cliente, nous avions, dès le mois de juin, revu son dossier et rapidement entamé les démarches afin qu’elle soit remboursée. Le 2 juillet dernier, un courrier de l’entreprise lui a ainsi été adressé pour remboursement de son voyage.
L’entreprise est extrêmement vigilante vis à vis de toute forme de discrimination à l’encontre de ses clients comme de ses agents.

Pour Marie Furic, cette réponse est toutefois insuffisante car l’humiliation infligée à la voyageuse n’est pas prise en compte par la SNCF. En cette journée du souvenir trans’, cet épisode éclaire sur les multiples difficultés que peuvent rencontrer au quotidien les personnes trans’ dont le changement d’état civil reste soumis à de longues procédures qui nient leur droits fondamentaux.

Photo SNCF