Faire le buzz avec une accusation d’homophobie, Prince s’attendait sans doute à d’autres réactions lorsqu’il a publié hier sur Twitter une toute nouvelle chanson, Da Bourgeoisie. Car ce n’est pas le rythme délicieusement funky qui a retenu l’attention, mais bien certaines paroles du morceau. Dans Da Bourgeoisie (téléchargeable ici), Prince découvre que sa petite amie est attirée par les femmes. Une nouvelle qu’il n’apprécie visiblement pas:

«Yesterday I saw you kickin’ it with another girl
You was all wrapped up around her waist
Last time I checked, you said you left the dirty world
Well it appears that wasn’t the case
Hey, I see you undercover like the CIA
Snatching little wigs from another bouquet – that’s French
I guess a man’s only good for a rainy day
Maybe your just another bearded lady at the cabaret
I wish I never kissed your (spits in disgust) ugh
Doesn’t replace the memory»

Ce qui donne en français:
«Hier je t’ai vu t’amuser avec une autre fille
Tu la tenais pas la taille
La dernière fois que j’ai vérifié, tu m’as dit que t’avais arrêté tout ça
Mais apparemment, ce n’est pas le cas
Hé, maintenant je te vois sous couverture, comme la CIA
Arrachant des moumoutes à chaque bouquet – c’est français
J’imagine qu’un homme, c’est juste pour les jours de vache maigre
Peut-être que tu n’es juste qu’une femme à barbe de cabaret
J’aurais aimé ne jamais embrassé ta… (bruits de dégoût) beurk
Ça n’enlève pas les souvenirs.»

Peu de chance en effet que cette chanson enchante les lesbiennes et les bisexuelles… Ces derniers temps, Prince ne s’est pas montré très tendre envers les LGBT. Depuis que le chanteur est devenu témoin de Jéhovah il y a 10 ans, ses positions sur des questions de société comme le mariage pour tous ou l’avortement sont aujourd’hui dictées par la religion. Dans un entretien au New Yorker en 2008, il avait fait part d’un avis très tranché sur l’homosexualité: «Dieu est venu sur Terre et a vu des gens se la coller n’importe où et le faire avec n’importe qui, et il a simplement tout détruit. Il a dit « Ça suffit », avait déclaré l’artiste en tapotant sa Bible. Je vis selon ses principes.» Une homophobie qui surprend au regard d’une carrière pendant laquelle Prince n’a pas hésité à jouer la carte de l’androgynie ou à s’entourer des compositrices lesbiennes Lisa Coleman et Wendy Melvoin.

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