Guillaume Gallienne a commencé son marathon franceinterien en discutant avec la philosophe Elisabeth Badinter.

«Ce film complexifie encore plus la question identitaire, commente Elisabeth Badinter. (…) le parcours de ce jeune garçon, difficile, qui se sent fille d’abord et qui finalement se sentira homme, ce parcours défie tout ce que l’on a dit aujourd’hui sur l’acquisition de l’identité, parce qu’en fin de compte, quand on regarde son rapport avec sa mère, ce sentiment d’être féminin d’abord, d’être femme, petite fille quasiment, n’importe quel psy, je dirais, aurait conclu que vous alliez devenir transsexuel. Et pas du tout. Et donc votre cas, si l’on peut dire, et le film le fait avec beaucoup de subtilité, de sensibilité, annihilent un certain nombre de schémas acceptés.»

La pseudo-«théorie du genre» intervient dans la discussion vers la 7e minute, à la faveur d’une question de Thomas Legrand. Réponse d’Elisabeth Badinter:

«Que Guillaume Gallienne puisse jouer aussi bien et l’homme et la femme conforte mon idée de la ressemblance des sexes.»

«C’est son grand privilège, poursuit-elle, dans cette douleur de ne pas être sûr de son genre pendant si longtemps, il a, lui, acquis cette possibilité de comprendre, d’entrer dans l’extrême féminin et la virilité. Ce n’est pas donné à tout le monde.»

L’entretien s’achève sur l’évocation du tournage d’Yves Saint Laurent, réalisé par Jalil Lespert, où Guillaume Gallienne joue Pierre Bergé. «On a vécu 20 ans d’amour en deux mois», commente joliment le comédien.

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Guillaume Gallienne et Elizabeth Badinter