Samuel GanafaSamuel K. Ganafa, directeur exécutif de Spectrum Uganda, une association qui milite pour les droits des gays et contre le VIH/sida et président du conseil d’administration de Sexual Minorities Uganda (SMUG), a été arrêté mardi 12 novembre, selon un communiqué des associations. Convoqué par la police, il s’était rendu au commissariat de Kasangati, non loin de Kampala. Dès son arrivée, rapportent les associations, il a été menotté et conduit de force chez lui. Son domicile a été perquisitionné, malgré l’absence de mandat. Trois personnes qui s’y trouvaient – Joseph Kayizi, Kasali Brian et Michael Katongole – ont été interpellées. Le neveu de Samuel Ganafa, Brian Kasirye, s’est rendu au commissariat pour en savoir plus et a été à son tour arrêté.

Samuel K. Ganafa aurait en outre été soumis à un test de dépistage du VIH sans son accord. Une plainte aurait été déposée par un homme nommé Disan Twesiga, qui accuse Samuel Ganafa de l’avoir contaminé. Accusé de «sodomie», Samuel Ganafa a été exhibé devant les journalistes et à la télévision (à partir de la 30e minute):

http://www.youtube.com/watch?v=Z9lTbWkpqYs&feature=share

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Les journaux locaux le présentent comme un «violeur sodomite qui a transmis le sida à quelqu’un», rapporte The Advocate. Le tabloïd Red Pepper qui, au milieu des années 2000, avait publié des listes de gays et de lesbiennes, titre ainsi: «Le patron des Telecom en plein scandale sodomite».

SMUG, Spectrum et la Civil Society Coalition on Human Rights and Constitutional Law exigent que les cinq hommes soient libérés ou présentés au plus vite devant un juge. La loi exige la présentation dans les 48 heures qui suivent l’arrestation, mais aucun juge ne s’est rendu disponible jusqu’à présent.

«Employé des Télécommunications, il est très respecté, et c’est l’une des rares personnes d’âge moyen à vivre ouvertement leur homosexualité en Ouganda», indique un militant, cité par Erasing 76 Crimes. «Sam est l’une des personnes les plus honnêtes, douces, bienveillantes et intelligentes que ce mouvement a connues, confirme la militante LGBT Kasha Jacqueline à The Advocate. C’est en raison de sa générosité qu’il et à présent la cible de ce chantage.» Selon elle, Samuel Ganafa accueille régulièrement chez lui des personnes LGBTI persécutées, ce qui explique pourquoi il est visé par ces attaques. Sur Facebook, elle se dit convaincue que l’accusateur de Samuel Ganafa n’a pas décidé seul de porter plainte et est soutenu, voire poussé par «des personnes très puissantes». À la télévision, le jeune homme a expliqué avoir cherché conseil auprès de son église, où il lui aurait été suggéré de porter plainte.

«Il faut souligner qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé, insistent les associations, mais qu’il entre dans une séries d’arrestations ciblant les personnes LGBTI en Ouganda. Nous exhortons donc la police à mettre fin à cette intimidation constante de la communauté LGBTI dans son ensemble et des représentant.e.s légaux/ales des personnes détenues.»

Photo via Facebook