Chanter avec Macklemore et Ryan Lewis l’aura catapultée sur le devant de la scène, mais il en faudrait plus pour que Mary Lambert prenne la grosse tête. Le New York Times a publié mardi un portrait de cette chanteuse d’une rare sincérité, qui revient sur la genèse de Same Love et de la chanson She Keeps Me Warm: «[Mary] a utilisé le refrain de Same Love comme fondation de She Keeps Me Warm, son propre single, qui s’est vendu à des dizaines de milliers d’exemplaires, même si elle a fait cette chanson à contre-cœur: « Je ne voulais pas faire cette chanson, mais je savais qu’il fallait qu’elle le soit », affirme Mary Lambert, qui vous désarme par son franc-parler et sa sincère bonne humeur. La tendre She Keeps Me Warm prend le concept de Same Love et le met en valeur selon elle. Implicitement, cela a déplacé le débat sur les droits des homos loin de la bouche d’un hétéro. Mary Lambert est sensible à la critique émise à propos de Same Love: que Macklemore fait, par essence, du straight-splaining [quand un.e hétéro prétend expliquer aux homos comment ils/elles devraient se conduire, ce qu’ils/elles devraient faire et dire etc., ndlr], monopolise l’attention pour parler d’une oppression à travers et grâce à son propre privilège. « J’ai entendu la chanson évoluer – à l’origine il voulait la raconter du point de vue d’un garçon de treize ans, avant de changer d’avis et de dire « Non, non, ce n’est pas comme ça qu’on doit le faire », affirme Mary Lambert. Il est tellement conscient de son privilège ».»

Elle souligne d’ailleurs qu’elle ne devait au départ pas toucher de royalties pour sa participation à la chanson de Macklemore mais que son contrat a été amendé lorsque le succès s’est présenté.

Diagnostiquée bipolaire, violentée par son père pendant son enfance, alcoolique, puis victime d’un viol collectif à son adolescence, Mary Lambert n’a pas été épargnée. Mais aujourd’hui, c’est l’écriture et la poésie qui la motivent avant tout et l’aident à surmonter ces événements. Elle a d’ailleurs publié son premier recueil de poésie, 500 Tips for Fat Girls. En live aussi, la poésie est un moyen d’échanger et de nouer un lien avec son public: «Je veux créer un espace sûr pour que les gens accèdent à ces choses auxquelles ils n’ont pas toujours accès, ce qui est beaucoup exiger d’un spectacle.»

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À lire sur le site du New York Times.

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