Ses coups de gueule sont souvent salutaires, celui-ci publié hier dans Libération ne déroge pas à la règle. Dans sa tribune intitulée «C’est vous, madame, la « belle et haute voix »», l’écrivaine et réalisatrice Virginie Despentes revient sur les attaques racistes qu’a subies la ministre de la Justice Christiane Taubira. La dernière en date, la une du journal d’extrême droite Minute, l’a fait réagir, mais c’est aussi le climat actuel propice à la montée du FN, et surtout l’obsession des médias et de la classe politique pour le parti d’extrême droite qui l’inquiètent.

Extraits:

«Que l’extrême droite s’exprime n’est pas un problème. Le problème, c’est la fascination des médias, la fascination du PS, la fascination du Front de gauche pour l’électorat FN. Les ventes de Minute exploseront probablement, sur un numéro, mais en attendant ce n’est toujours pas, loin s’en faut, un journal à grand tirage. Alors pourquoi, depuis environ quatre ans, doit-on se fader Marine, louve des neuneus, et son Front national à toutes les sauces? On finit par avoir la sensation d’assister à une promotion acharnée qui vise, au final, à vendre au peuple l’idée qu’il n’a qu’un seul désir: voter FN.»

«Christiane Taubira s’étonnait de ce qu’aucune « belle et haute voix » ne se soit élevée pour la défendre, et en l’écoutant j’avais envie de lui dire: c’est vous, madame, la belle et haute voix. Nous pensons que vous feriez une formidable présidente de notre République. Nous attendons que vous vous présentiez, parce que nous pensons que vous êtes capable de prendre le pouvoir sans focaliser sur les quatre ploucs qui sortent des vannes moisies quand ils voient quelqu’un qui n’est pas blanc, ni sur les hétéros attardés qui craignent plus le mariage gay que le Fonds monétaire international.»

À lire sur Libération.

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