Le 5 novembre, une dizaine de personnes ont été arrêtées en raison de leur homosexualité présumée par la police égyptienne dans la Ville du 6 octobre, à l’ouest du Caire. Des policiers ont fait irruption dans une villa où se tenait une fête. Les militaires d’un checkpoint tout proche auraient en effet demandé à la police d’intervenir pour mettre un terme aux festivités.

Selon le blogueur et militant Scott Long, les autorités ont directement arrêté plusieurs hommes portant du maquillage ou faisant la danse du ventre et les ont poussés au sol et frappés. Au total, neuf hommes, dont l’hôte de la villa, et une femme ont été emmené.e.s au poste de police de Giza, sans qu’aucune preuve d’activité illégale n’ait été relevée par les autorités. Sur ordre du procureur, les dix personnes ont été placé.e.s en détention pour une durée de 15 jours «pour avoir organisé des actes contraires à la moralité et pratiqué des perversions sexuelles, ainsi qu’avoir monté le siège social d’une affaire contraire à la moralité», sous-entendu, s’être prostitué. Les hommes ont été soumis à des tests médicaux en vue de prouver leur homosexualité. Le mois dernier, une quinzaine de personnes avaient été arrêtées à al-Marg dans les mêmes conditions, après un raid de la police dans un sauna. Elles seraient encore en détention actuellement.

Devant ces nouvelles descentes dans des lieux de convivialité gay, Scott Long ne cache pas sa profonde inquiétude: «Ces affaires présagent-elles une nouvelle répression, un retour des horreurs d’il y a dix ans, quand la police faisait irruption dans les salons de discussion et des descentes dans des maisons privées, arrêtait et torturait des centaines d’hommes pour éradiquer la perversion sexuelle? Personne ne peut le dire. Mais les commérages autour des médias sociaux pervertis, de l’influence insidieuse de l’étranger, le fait de lier technologie et immoralité, que les lieux de rencontres soient connus et surveillés, sont de mauvaise augure. Cela suggère que la visibilité relative de la petite communauté LGBT, principalement en banlieue du Caire, a réveillé les angoisses.»

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